La faillite d’Azur Telecom,autre exemple de l’incompétence notoire Mbochis

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Le groupe Azur Telecom, ancienne filiale de la Holding Binladen, présente au Gabon, au Congo, en Centrafrique, et tout récemment en France rencontre des difficultés financières depuis 2014. De nombreuses indiscrétions situent actuellement la société dans le rouge. Mais résilient, l’opérateur qui rêve toujours de lendemains prospères ne lâche rien.

En 2016, de nombreuses indiscrétions ont fait état de la mauvaise santé financière du groupe Azur Telecom. Certaines présageaient même une faillite prochaine de l’opérateur télécoms en Afrique. Que nenni, avait alors démenti Souleymane Diallo, le directeur de la communication du groupe. Bien qu’il reconnaisse que la société traverse « un contexte difficile », le porte-parole déroulait une série de projets d’envergure couvée par la société télécoms. Cependant, il ne fournissait aucune information précise sur la santé financière réelle du groupe, à même de taire définitivement les rumeurs sur une éventuelle cessation prochaine d’activité.

Malgré le démenti, Azur Telecom poursuivait avec ses contre-performances enregistrées depuis 2014.  L’absence de positionnement stratégique de l’entreprise dans ses marchés africains du Gabon, du Congo et de Centrafrique, en proie à une rude concurrence et en pleine mutation depuis 2012, laissait clairement entrevoir de sérieuses difficultés financières entravant sa capacité à investir.

 

Azur gabon

Malgré le démenti, Azur Telecom poursuivait avec ses contre-performances enregistrées depuis 2014.

Au 31 décembre 2016, l’opérateur utilisait encore la technologie 2G, largement dépassée, alors que ses concurrents proposaient la 3G/4G depuis plusieurs années déjà. Le groupe a stagné technologiquement depuis son entrée sur le continent, arrivant rapidement au bout de sa marge de croissance.

 




Le début de la fin ?

Les dernières performances financières connues d’Azur Telecom, dévoilées par Jean-Bruno Obambi, son président directeur général, datent de 2011, 2012 et 2013. Elles sont toutes positives. La société télécoms enregistrait un chiffre d’affaires en croissance : 3 milliards Fcfa en 2011 ; 6 milliards Fcfa en 2012 et 8 milliards Fcfa en 2013. Des performances que Jean Bruno Obambi présentait comme le produit d’un savant équilibre de l’entreprise entre ses charges et ses revenus. Mais aucune information sur l’investissement réalisé, ou encore sur les charges opérationnelles n’était associé à ces bons résultats. Des données pourtant essentielles pour déterminer si le groupe, malgré son chiffre d’affaires croissant, enregistrait effectivement des bénéfices.

Aucune information sur l’investissement réalisé, ou encore sur les charges opérationnelles, n’était associé à ces bons résultats.

Sous la pression de ses rivaux, le groupe télécoms a tenté tant bien que mal de résister. Le 27 mai 2014, il a signé un partenariat avec Monaco Telecom. L’opérateur monégasque avait comme mission de l’aider à réviser son plan d’affaires et de l’accompagner pendant trois ans dans divers secteurs comme le marketing, le développement du réseau, la gestion du trafic international, etc. Le 22 octobre, Azur Telecom a organisé un forum sur son développement. Au cours de l’évènement, des contacts ont été pris avec plusieurs institutions dont la Société financière internationale (SFI), branche de la Banque mondiale pour les investissements privés, la Netherlands Development Finance Company (FMO) ou encore la Banque de développement des Etats d’Afrique centrale (BDEAC). Azur Telecom recherchait des financements conséquents pour redynamiser ses filiales.

Figées dans le temps

Prises dans le contexte de leur marché d’opération respectif, les filiales du groupe Azur Telecom présentent chacune des fortunes diverses. Leurs activités, comparées à celles de la concurrence, laissent entrevoir un étau qui se resserre progressivement et qui pourrait les conduire à la faillite si de bonnes mesures ne sont pas prises à temps.

La société demeure figée sur la 2G dans la majorité de ses marchés africains. Une aubaine pour les opérateurs concurrents.

Que ce soit au Gabon, au Congo ou en Centrafrique, les rapports des différents organes de régulation du marché télécoms révèlent que le groupe Azur Telecom fait, au mieux, du sur place. Alors que les parts de marché de ses concurrents ont évolué d’année en année, tout comme la technologie mobile proposée, du côté d’Azur Telecom c’est toujours le statu quo. La société demeure figée sur la 2G dans la majorité de ses marchés africains. Une aubaine pour les opérateurs concurrents. Même les services à valeur ajoutée comme le Mobile Money, nouveaux relais de croissance, Azur Telecom ne les propose pas encore. En somme, le groupe évolue sur le marché télécoms sans véritable plus value à même d’empêcher une saignée des consommateurs et des revenus.

  Gabon : Azur au bord de la liquidation judiciaire 




 L’Administrateur directeur général, Jonas Marie Vane Kringer, nommé en mai 2017 en remplacement de Jean-Bruno Obambi a démissionné le 8 novembre 2017 ; une grève des travailleurs paralyse l’entreprise ; les créanciers ont engagé une saisie conservatoire des comptes en banques de l’opérateur.

 La situation qui prévaut actuellement à Usan Gabon, opérant sous la marque Azur, est chaotique. Les activités de l’entreprise télécoms sont perturbées depuis près de trois semaines par une grève des employés qui réclament huit mois d’arriérés de salaire. Jean Marie Vane Kringer, le nouvel administrateur directeur général, désigné en mai 2017 pour remplacer Jean-Bruno Obambi, a démissionné de ses fonctions le 08 novembre 2017. Il justifie sa décision par l’intervention de l’ex-ADG, par ailleurs  président directeur général d’Azur Telecom, dans la gestion de l’entreprise. Il accuse Jean-Bruno Obambi d’avoir instauré un nouveau mode de management qui ne cadre pas avec «sa vision et ses valeurs». Autre coup dur encaissé par la société télécoms : le refus de ses créanciers de lui accorder une nouvelle échéance pour le règlement de ses dettes. L’opérateur est menacé d’une saisie conservatoire de ses comptes en banque. Une situation qui pourrait entraîner une liquidation de la filiale gabonaise d’Azur Telecom et l’arrêt définitif de l’aventure gabonaise.

 

Azur greve GAbon

Les activités de l’entreprise télécoms sont perturbées depuis près de trois semaines par une grève des employés qui réclament huit mois d’arriérés de salaire.

Au terme du second trimestre 2017, l’Autorité de régulation des postes et des communications électroniques du Gabon (Arcep) situait Azur Gabon à la dernière place du marché télécom national avec 142 271 abonnés sur un total de 2 932 304 consommateurs. Soit une part de marché de 4,85%. L’entreprise qui se situait à 7,98% en 2016 a encore chuté au Gabon où le un taux de pénétration du mobile est de 164,33%. Azur ne doit encore sa place sur le marché télécoms national qu’au phénomène de Multi-SIM. La société qui propose des tarifs d’appels et SMS assez avantageux bénéficie encore de la fidélité de quelques abonnés.

Lors de son lancement en 2009, aux côtés de Zain (racheté par Airtel en 2010), Libertis de Gabon Telecom, et Moov (ancienne filiale d’Etisalat acquise en 2015 par Maroc Telecom), l’opérateur affichait une ambition claire: attirer la plus grande marge de la population, celle à petits moyens, pour se construire rapidement une place de marché confortable.

 




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Azur ne doit encore sa place sur le marché télécoms national qu’au phénomène de Multi-SIM.

Grâce à une licence télécoms d’une durée de validité de 15 ans et un investissement initial de 50 millions de dollars (30,42 milliards Fcfa), Azur Telecom avait directement attaqué le marché avec la communication voix, facturée à la seconde. Une nouveauté qui cassait le prix de la minute d’appel et lui offrait de bien belles perspectives. Mais le manque de visibilité d’Azur Telecom, sa peine à investir rapidement dans l’extension de son réseau à travers le pays et dans des services innovants ont fauché ces ambitions. Ses concurrents qui ont su anticiper en investissant abondamment dans des réseaux plus robustes, plus étendus, ont veillé à une progression sûre de leur part de marché et de leurs revenus. Airtel et Moov ont attaqué de nouveaux segments de marché comme la finance mobile. En 2015, Libertis et Airtel ont enfoncé le clou en révolutionnant le marché de la data avec la 3G et la 4G. Ils ont été rejoints en novembre 2016 par Moov.

Les relevés de l’Arcep sur le marché télécoms de 2009 à 2016 révèlent qu’Azur Gabon n’a jamais dépassé la barre des 250 000 utilisateurs, en huit ans d’activité dans le pays. Sa part de marché n’a jamais excédé 10%.

 Congo :  annoncée pour septembre,  la 3G est toujours attendue

 En décembre 2016, Azur Telecom dévoilait ses préparatifs pour proposer le haut débit à ses consommateurs au troisième trimestre de 2017. L’opérateur qui indiquait être dans l’attente de la licence 3G/4G demandée à l’Autorité de régulation des communications électronique et des postes (Arcep), soulignait que son cœur de réseau 3G financé sur fonds propres était déjà livré à Brazzaville. Ce ne serait donc plus qu’une question de temps.

La 3G annoncée pour septembre 2017 au Congo se fait encore attendre. Pourtant, les consommateurs y ont vraiment cru. Le bond qualitatif envisagée par la société télécoms a fait rêver plus d’un qui espérait enfin un service haut débit de meilleure qualité et à petits prix. Le 15 juillet 2017, Jean-Bruno Obambi, le grand patron du groupe Azur Telecom, expliquait que des sites GSM de quatrième génération étaient déjà en cours d’installation dans le pays, dans le cadre d’un contrat de service signé avec le groupe Speedcast, spécialisé dans la fourniture de services de communication et IT. Mais deux mois plus tard, rien n’a bougé. La société propose toujours aux populations ses habituels services sur 2G.

 

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Pourtant, les consommateurs y ont vraiment cru.

La connectivité haut débit, Azur Congo en a pourtant bien besoin pour insuffler un peu de dynamisme à ses activités. Au troisième trimestre 2017, l’entreprise est toujours dernière du marché mobile national avec 340 000 abonnés dans un pays de 4,9 millions d’abonnés. Une place qu’elle n’a jamais quittée depuis son entrée dans le pays en 2010. En termes de part de marché, la société télécoms a reculé de 8% au premier trimestre de l’année à 6,9%. MTN et Airtel conservent les plus grosses parts du gâteau avec respectivement 47,2% et 42,4%, selon les dernières données de l’Agence de régulation des postes et des communications électroniques (Arpce).

Sur le marché télécoms congolais, malgré sa technologie mobile désuète, Azur Telecom s’est toujours illustré par une bien meilleure qualité de réseau. Dans la majorité des cas où le régulateur télécoms a du prendre des mesures conservatoires contre les opérateurs télécoms, la société a généralement été la seule à ne pas être véritablement inquiétée. Sa politique de petits prix, similaire à celle du Gabon, lui a valu la confiance d’une niche de consommateurs dès son entrée dans le pays en 2010. Mais cette stratégie ne fait plus effet depuis qu’Airtel a lancé la 3G en 2011. MTN lui a emboîté le pas en 2013 avant de se propulser plus loin avec la 4G en 2016. Aujourd’hui, grâce au haut débit, les deux opérateurs sont les préférés du marché bien qu’ils enregistrent de nombreuses de plaintes des consommateurs sur la mauvaise qualité du réseau et la cherté des services. Ils ont su séduire la majorité avec leurs produits innovants.

Aujourd’hui, grâce au haut débit, les deux opérateurs sont les préférés du marché bien qu’ils enregistrent de nombreuses plaintes des consommateurs sur la mauvaise qualité du réseau et la cherté des services.

Au-delà du haut débit, MTN et Airtel ont révolutionné l’usage du mobile au Congo en introduisant le service de transfert d’argent. Azur Congo, de son côté, est demeuré passif durant tous ces changements. La société n’a cessé de peiner, perdant même pied après la sortie de Warid Telecom en 2013, racheté par Airtel. En 2014, son parc d’abonnés s’établissait à 363 000 clients. En 2015, il a reculé à 347 000 abonnés puis 331 000 abonnés en 2016. Au troisième trimestre 2017, ce parc a légèrement augmenté pour se situer à 340 000 clients.

 Centrafrique : le haut débit sur mobile, enfin !

 C’est dans ce marché en pleine reconstruction que le groupe Azur Telecom a introduit la 3G+ le 05 juillet 2017. La société qui a sept ans de retard sur la concurrence, rêve d’un retour en force sur un marché télécoms en pleine reconstruction. C’est la concrétisation d’une promesse faite en 2016 par Jean-Bruno Obambi. Le président directeur général du groupe télécoms avait annoncé une reprise de l’investissement en Centrafrique une fois la stabilité politique du pays retrouvée.

 Le groupe Azur Telecom a réalisé un bond qualitatif en Centrafrique au début du second semestre de 2017. Le 05 juillet, la société a lancé la 3G+ dans le pays. Pour le moment, seule la ville de Bangui, la capitale, est couverte. Les autres régions du pays sont en projet. Le nouveau réseau d’Azur Centrafrique, il a été déployé en collaboration avec Huawei, grâce à un crédit fournisseur de l’équipementier télécoms chinois, complété par un financement local libéré par la Banque Sahélo-Saharienne pour l’Investissement et le Commerce (BSIC) Centrafrique. En gros, c’est un investissement de près de 5 millions de dollars que le groupe télécoms a effectué dans le pays où il dit détenir la licence 3G depuis 2009.

 

Azur bangui

Le 05 juillet, la société a lancé la 3G+ dans le pays. Pour le moment, seule la ville de Bangui, la capitale, est couverte.

Avec la 3G, Azur Telecom a rejoint ses grands concurrents que sont Orange et Telecel dans les segments de la voix et de la data haut débit. Jean-Bruno Obambi, le président-directeur général du groupe Azur Telecom, indiquait qu’à travers le lancement de cette technologie mobile, l’opérateur a tranché avec le passé et a réaffirmé à ses abonnés sa « quête permanente d’innovations ».

Mais le lancement du haut débit par Azur Centrafrique intervient dans un contexte assez tendu entre le personnel de la compagnie et ses dirigeants. Les travailleurs réclament le paiement de plusieurs mois d’arriérés de salaires. La revendication qui s’est poursuivie durant toute la semaine dernière a débouché sur la décision du ministre des postes et télécommunications, Justin Gourna-Zacko, de suspendre temporairement le réseau Azur. La mesure a été prise au cours d’une rencontre avec les grévistes le 21 novembre 2017. La direction de l’opérateur a décidé d’introduire une requête à l’intention du Premier ministère afin que cette décision soit annulée. Le Pdg du groupe est annoncée à Bangui au début du mois de décembre pour apporter des solutions à la crise que traverse Azur Centrafrique.

La crise politique et les violences communautaires qu’à traversé la Centrafrique de 2013 à 2016 ont nuit gravement aux activités de l’opérateur et pesé sur le revenu du groupe. Jean-Bruno Obambi indiquait en 2016 qu’une grande partie du réseau d’Azur Centrafrique a été détruit dans le Nord du pays et jusque dans la capitale, Bangui. Il estimait le préjudice financier à plus de 3 milliards de Fcfa. Le parc clients de 300 000 personnes, péniblement fidélisé dans un marché disputé à trois concurrents n’était plus que d’environ 200 000 individus. Le chiffre d’affaires d’Azur Centrafrique a également plongé. Selon un audit réalisé par la compagnie en mai 2016, ses revenus qui étaient de 5,5 milliards de Fcfa en 2012 n’étaient plus que de 2,3 milliards Fcfa en 2015. L’entreprise était endettée. La société Telsoft, chargée de la gestion de l’entrée et la sortie des appels internationaux pour l’opérateur, sur la période 2013-2015, lui réclamait la somme de 1,5 milliard Fcfa. D’autres sociétés lui revendiquaient également le paiement de leurs prestations. Face à cette pression, Azur Telecom avait obtenu en septembre 2015 un jugement du tribunal de commerce de Bangui lui permettant d’étaler le règlement de ces créances.

Depuis près de dix ans que la société opère en Centrafrique, sa part de marché a beaucoup chuté. En 2016, elle avoisinait 8,69% alors qu’en 2014 elle atteignait déjà 24%.

La société, qui affiche une faible couverture du territoire, rivalise difficilement contre Telecel qui propose ses services télécoms sur mobile depuis 1996, et la 3G depuis 2010. La filiale du groupe Niel Telecom est l’opérateur dominant du marché. Azur Telecom est également en concurrence avec Orange qui est présent dans le pays depuis 2007, et qui a lancé la 3G en 2013. Contrairement à ses deux marchés du Gabon et du Congo, Azur Telecom n’était pas dernier en Centrafrique, en 2016. La filiale devançait Moov, filiale de Maroc Telecom, qui affichait près de 145 000 abonnés pour 6,30% de part de marché.

Les perspectives jusqu’en 2021




 Pour renouer avec la croissance qui lui fait actuellement défaut dans ses trois marchés du Gabon, du Congo et de Centrafrique, le groupe Azur Telecom conserve dans ses tiroirs quelques projets. La société qui espère les mettre en oeuvre dans les cinq prochaines années, cible particulièrement l’Internet et à la finance mobile. Ces segments sont présentés par tous les grands cabinets d’analyses comme les futurs pôles de croissance du mobile en Afrique.

Internet et Mobile Money

Au Gabon, Azur Telecom prévoyait le déploiement d’une infrastructure Hotspot Wifi dans les villes de Libreville et Port-Gentil, en partenariat avec CFAO Technologies. L’infrastructure qui devait être mise en service pendant la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) organisée par le Gabon du 14 janvier au 5 février 2017, pour offrir aux populations un accès aisé à Internet, pourrait devenir une réalité si le groupe réussit à stabiliser ses activité dans le pays et à renouer avec la croissance.

Au Congo, le groupe télécoms veut déployer des bornes Wifi à Brazzaville et à Pointe Noire une fois la licence 4G/3G enfin octroyée par l’Autorité de régulation des postes et communications électroniques (Arpce). Avec ce sésame, la compagnie compte rivaliser à nouveau avec MTN et Airtel.

Du côté de la Centrafrique, afin de susciter la consommation sur la 3G+ déjà lancée, Azur Telecom de lancer un programme d’installation de points d’accès publics (Hotspots) Wifi dans la capitale Bangui. Tout en réalisant ses investissements dans l’Internet, Azur Telecom prévoit également de faire son entrée dans le Mobile Money en s’associant d’ici la fin de l’année 2017, en partenariat avec les aux filiales gabonaise et congolaise de la BGFI Bank et à la filiale centrafricaine de la Banque Sahélo-Saharienne pour l’Investissement et le Commerce (BSIC). Au-delà de l’Internet et de la finance mobile, Azur Telecom s’est aussi lancé dans la redynamisation de son segment voix à travers Azur France.

Azur France

Le 28 décembre 2016, Azur Telecom a lancé sa filiale française : Azur France. Jean Bruno Obambi, le président directeur général du groupe, avait présenté cette nouvelle entité comme un catalyseur. Le groupe télécoms espère ainsi susciter l’augmentation du trafic voix entre la diaspora de ses marchés africains, basée en France, et leurs familles restées au pays. C’est une solution pour rentabiliser son faible parc d’abonnés africains ; dans des marchés concurrentiels ; qui produit un faible trafic télécoms et génère jusqu’ici de faibles revenus. L’idée est qu’Azur France constitue, avec Azur Gabon, Centrafrique et Congo, un réseau unique dans lequel les frais de roaming entre l’Afrique et la France ne seront pas appliqués.

Azur France constitue, avec Azur Gabon, Centrafrique et Congo, un réseau unique dans lequel les frais de roaming entre l’Afrique et la France ne seront pas appliqués.

Les cartes SIM qu’Azur France commercialise depuis le 31 décembre 2016 sont « double numéros ». Elles abritent un numéro français utilisable sur le réseau français et un autre numéro destiné à l’un de ses réseaux africains du groupe. Pour ses opérations en France, Azur fonctionne sur le modèle d’opérateur de réseau mobile virtuel (MVNO). Le groupe avait signé à cet effet un accord de partenariat avec l’opérateur en marque blanche Legos. Azur France fonctionne sur la technologie 4G.

L’heure de concrétiser

Le groupe Azur Telecom est conscient de ses lacunes. Il est également conscient des mesures à prendre pour figurer dans la liste des opérateurs de renom.

Le nombre de projets en stock le prouve. Ils sont calqués sur les besoins des consommateurs en connectivité et en services innovants. Les zones rurales, encore faiblement connectées, représentent de potentielles niches de marché sur lesquelles la société peut capitaliser pour se relancer dans la course sur le continent. Viettel l’a fait en Tanzanie en entrant le dernier dans un marché disputé avec six opérateurs.

 

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La filiale de Bintel LTD devra cependant se presser pour concrétiser ses nombreuses ambitions car la concurrence qui a pris une bonne longueur d’avance bénéficiera grandement de son échec.

 

Avec Muriel Edjo