La Commission européenne devrait proposer un important renforcement de Frontex

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Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker va prononcer ce mercredi matin à Strasbourg devant le Parlement européen son dernier discours annuel dit de l’état de l’Union. Un des chapitres majeurs sur lequel il va insister est celui de « l’Europe qui protège », un cheval de bataille de la Commission, en particulier depuis l’éclatement de la crise migratoire au printemps 2015. Et l’outil principal auquel l’UE doit faire appel selon la Commission est Frontex, l’agence européenne de garde-côtes et de gardes-frontières qui devrait voir ses effectifs et ses budgets gonfler considérablement. Malgré les critiques de ceux qui dénoncent l’Europe forteresse, les pays de l’UE pourraient bien voir d’un bon œil une telle proposition en l’absence de progrès sur d’autres projets, par exemple les centres de débarquement que les Européens voudraient voir dans les pays voisins pour faire le tri entre les migrants économiques et les réfugiés.

Avec la crise migratoire, l’agence Frontex est devenue pour les gouvernements européens l’instrument autour duquel peut se faire l’unanimité introuvable sur d’autres points, par exemple la répartition des réfugiés entre pays. Frontex est déjà passée en 2016 du rang d’agence de coordination des frontières extérieures de l’Union à celui d’agence de garde-côtes et de gardes-frontières. Et le président de la Commission européenne a clairement annoncé son intention de proposer un renforcement considérable de l’agence qui verrait ses effectifs passer de 1 500 à 10 000 hommes d’ici deux ans.

Formulée un peu moins de dix jours avant le sommet européen de Salzbourg sur l’immigration cette proposition devra affronter les préoccupations des Etats de l’UE : d’abord sur le volet financier, ensuite sur l’éventualité d’une atteinte à leur souveraineté que pourrait constituer le déploiement d’effectifs importants de Frontex à leurs propres frontières ou dans leurs eaux territoriales.

Il reste que ce renforcement considérable pourrait aussi satisfaire à la fois les gouvernements les plus hostiles à l’immigration, mais aussi à l’inverse ceux qui y voient une façon de couper l’herbe sous le pied des partis populistes.