La caravane de migrants franchit la frontière mexicaine

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Ce vendredi, ils étaient plus de trois mille à tenter un coup de force pour passer au Mexique. Et cela au moment même où le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo se réunissait avec le président Peña Nieto pour évoquer cette crise migratoire.

Les migrants, qui se trouvaient au Guatemala, ont décidé de passer en force au Mexique. Laissant derrière eux des policiers guatémaltèques débordés, ils se sont rués sur le pont qui sépare les deux pays. Mais c’était sans compter sur les quatre cents agents de la police fédérale qui les attendaient du côté mexicain. Après de fortes tensions et des affrontements, les policiers ont réussi à contenir les migrants et les dissuader d’entrer par la force au Mexique.

Suite à ces événements, Donald Trump a réagi en remerciant les autorités mexicaines d’avoir stoppé cette caravane.

Face à cette progression, le président américain avait menacé de fermer la frontière avec le Mexique pour empêcher des milliers de migrants d’Amérique centrale d’entrer sur le territoire américain.

« C’est un enjeu politique très fort, rappelle Jean-Eric Branaa, maître de conférences à l’Université Paris II, un sondage récent révélait que 75 % des Américains pensent que l’immigration est un problème réel. Ce n’est pas non plus innocent si Donald Trump fait cette annonce à vingt jours des élections de mi-mandat, surtout dans ces régions du Sud où il y a souvent des combats très serrés, et où ça peut faire pencher la balance en faveur des Républicains. »




« Nous sommes partis il y a cinq jours »

Et le président américain risque bien de se fâcher à nouveau, car le Mexique ne veut pas, en réalité, fermer ses frontières à ces migrants. Les autorités ont déjà autorisé plusieurs centaines d’entre eux, en priorité des femmes et des enfants, à passer la frontière. Ils ont déjà été transférés vers des refuges, où ils vont réaliser les démarches migratoires.

Des migrants honduriens traversent la rivière Suchiate qui les sépare du Mexique pour éviter le poste-frontière de Ciudad Hidalgo, le 19 octobre 2018.REUTERS/Edgard Garrido

Yolibeth Donaire, une jeune Hondurienne enceinte de sept mois, raconte : « Nous nous sommes partis il y a cinq jours […] pour dénoncer la situation dans notre pays. Parce qu’il n’y a pas de travail, aucune opportunité. Même si vous êtes prêts, que vous avez étudié, comme c’est mon cas, il n’y a rien. Nous ne recevons aucun type d’aide de la part du gouvernement. Et l’aide qui est envoyée de l’étranger, le gouvernement la garde. »




Ce samedi, ce sera le tour de ceux qui se trouvent toujours du côté guatémaltèque de la frontière d’entrer au Mexique, où ils devront présenter leur visa d’entrée ou alors une demande d’asile, sans quoi ils seront expulsés du pays.