Jacques Monsieur. trafiquant et fournisseur d’armes à Sassou en 1997 arrêté enfin

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Fin de cavale pour le trafiquant d’armes Jacques Monsieur alias « Le Maréchal » ou « The Fox » (le Renard). L’un des plus grands trafiquants d’armes des dernières décennies rattrapé par son business et sa passion pour les chevaux. 

Jacques Monsieur a été alpagué la semaine dernière dans la région d’Evora, au Portugal, où il se cachait dans une discrète maison de campagne voisine d’écuries. Sa passion immodérée pour les chevaux a mis sur sa piste les hommes du « Fast » (Fugitive active search team), l’unité de la police fédérale spécialisée dans la traque des fuyards. En effet, une facture de transport impayée à un éleveur français, pour le déplacement vers la Lusitanie de neuf de ses bêtes depuis le mas qu’il posséde à Tarascon, dans les Bouches-du-Rhône, a remis les enquêteurs belges sur sa trace.

En 1997, il est encore à l’origine de la fourniture d’un stock de matériel militaire (missiles, roquettes, hélicoptères de combat) à la République du Congo Brazzavile du président Lissouba pour un montant de 61 millions de dollars. L’année suivante, c’est avec le pire ennemi de ce dernier qu’il fait affaire, Denis Sassou-Nguesso, le rebelle désormais installé dans le fauteuil présidentiel. Par la suite, il se positionne sur les marchés florissants du continent africain miné par les conflits. Il arme notamment l’Unita angolaise, la rébellion sierra-léonaise et le gouvernement du Libéria, tous trois pourtant sous embargo. Il se retrouve associé avec le Cesid, le service de renseignement militaire espagnol, à une vente à la Guinée d’un surplus de l’armée de la péninsule. En tant qu’intermédiaire, il scelle un accord d’échange entre l’Iran et le Congo-Kinshasa visant le troc d’équipements militaires iraniens contre des matières premières congolaises.




Pendant ce temps, la justice française le piste. Une nouvelle perquisition est menée au « domaine des Amourettes » en mai 1999 qui met au jour des filières de ventes d’armes à destination de l’Irak, de l’Iran et du Vénézuela. Jacques Monsieur est inculpé, puis relâché et soumis à un contrôle judiciaire. Il en profite pour s’envoler à destination de l’Iran où, un an plus tard, il est arrêté et condamné pour espionnage à dix ans en décembre 2001 par un tribunal révolutionnaire de Téhéran. Une condamnation commuée en une amende de 400 000 dollars. C’est alors qu’il décide de rentrer en Belgique pour s’opposer à un jugement par contumace d’octobre 2001 qui le condamne à cinq d’emprisonnement.




« The Fox » écopera encore d’une peine aux Etats-Unis en 2010 en relation avec l’«Irangate », mais il se dit retiré du business et entièrement consacré à son amour des chevaux. Il n’a toutefois pas pu s’empêcher de remonter en selle comme en témoigne sa condamnation en octobre de l’année dernière par la cour d’appel de Bruxelles à une peine de quatre ans de prison assortie d’une amende de 1,2 millions d’euros. Déclaré membre d’une organisation criminelle, il a été reconnu coupable de la livraison illégale, entre 2006 et 2009, d’un véritable arsenal militaire (munitions, armes automatiques, tanks, hélicoptères, avions de combat) entre autres à la Libye, au Tchad, au Pakistan et à l’Iran. Depuis, il était en… cavale.