Gymnase d’Oyo : un luxe inutile de trop pour les pauvres pêcheurs

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Depuis son inauguration, cette installation sportive ne semble pas être un tremplin pour les sportifs de cette localité vers une carrière haut de gamme. Aucun athlète ni même moyen n’en est sorti et n’est en passe de l’être.

Les structures sportives sont construites dans le but de favoriser la vulgarisation du sport chez les personnes environnantes. Les installations sportives répondent donc aux besoins croissants des populations de disposer des moyens adéquats pour développer leur art.

C’est sans doute dans cette perspective que le chef de l’Etat avait jugé utile de doter Oyo d’un complexe sportif ultra moderne. L’éclosion sportive d’Oyo n’était plus un rêve, mais une réalité. L’ensemble des populations d’Oyo et environs avaient remercié à la nord-coréenne le président Denis Sassou Nguesso pour ce bijoux mis à leur disposition.

Mais depuis lors on assiste tristement à la transformation de ce complexe sportif en un luxe pour les populations d’Oyo qui ne l’observent que de loin. Son usage étant réservé à la nouvelle bourgeoisie d’Oyo sortie droit du Yaka Noki Nokisme et à quelques événements sportifs délocalisés de Brazzaville pour le bord de l’Alima.

Il y a des folies qui ne valent pas dans une République, bien que chacun reconnaît à Oyo son droit de disposer d’un complexe sportif. Brazzaville la capitale et Pointe Noire la seconde ville et poumon économique du Congo auraient dû en disposer avant Oyo.




En plus, les populations de cette ville du bord de l’Alima ont pour activité principale la pratique de la pêche, très loin du sport. Et il aurait été bénéfique pour elles que le chef de l’État s’attelle à améliorer les conditions de la pratique de la pêche.Ce qui aurait favorisé la garantie de la disponibilité du poisson toute l’année.

La nature ne se force pas, et 20 ans passeront sans qu’Oyo ne donne à la République des sportifs de renom, mais plutôt des bons pêcheurs. Les réalisations de la République devraient être faites selon les priorités de chaque population. On ne peut être dans un bureau à Brazzaville et deviner les nécessités des populations de l’intérieur du pays.

Sœur Theresa ne disait elle pas que «  Tout ce qui est fait pour nous sans nous est fait contre nous » Aujourd’hui les pauvres populations amoureuses de la pêche d’Oyo peuvent bien se dire que le complexe sportif a été construites pour elles sans elles.

Pour beaucoup que Sassou Nguesso s’active à développer Oyo, la réalité lui rappelle qu’il est difficile de changer certaines habitudes.