«Grand débat»: Emmanuel Macron se confronte aux difficultés des banlieues

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Pour son cinquième déplacement dans le cadre du grand débat, Emmanuel Macron s’est rendu lundi en banlieue parisienne à Evry-Courcouronnes. Dans une salle municipale devant environ 300 personnes – élus, représentants des associations, citoyens d’Ile-de-France – le chef de l’Etat a une nouvelle fois répondu aux questions pendant six heures.

Cette fois-ci, Emmanuel Macron avait choisi une thématique : la politique de la ville dans les quartiers en difficulté. Une thématique sur laquelle il avait demandé à Jean-Louis Borloo de plancher il y a quelques mois. Le maire d’Allonnes Gilles Leproust le lui a rappelé sans ménagement. « On a beaucoup travaillé pendant plusieurs mois après l’appel de Grigny, vous aviez désigné Jean-Louis Borloo, et puis le 22 mai pour nous ça a été une douche froide », a-t-il souligné.

Une douche froide avec un plan envoyé aux oubliettes. Emmanuel Macron conteste : « Je ne peux pas laisser dire qu’il ne s’est rien passé à partir du 22 mai dernier. Il y a juste eu l’idée de dire : ce n’est pas tout ou rien », a précisé le chef de l’Etat.

Une mise au point sur le plan Borloo et sur la réduction des contrats aidés que de nombreux élus lui reprochent. « Cela a été une mesure dont la philosophie est bonne, mais force est de constater qu’elle a fait souffrir », admet-il.

Prendre en compte la souffrance dans les quartiers, c’est ce que Nadir Adrar, un habitant de Sarcelles, a pourtant demandé à Emmanuel Macron. « Il n’y a pas d’économie à faire sur les dotations accordées aux plus pauvres », a-t-il lancé.




Mais là aussi, le président a justifié sa méthode : « Il faut que progressivement on enlève la morphine en même temps qu’on traite le problème, mais on peut faire mieux en dépensant moins », a-t-il martelé.

Tout comme quand on l’a interrogé sur l’augmentation des droits d’inscription des étudiants étrangers.

A l’écoute mais avec des certitudes, c’est ainsi qu’Emmanuel Macron est apparu. Pour Philippe Rio, le maire de Grigny, il faut maintenant que le président aille plus loin. « On a besoin d’un calendrier aujourd’hui : quelles mesures on prend pour rétablir l’égalité républicaine dans nos quartiers ? »

Un calendrier, des emplois aidés, des investissements… C’est ce qui a été demandé à Emmanuel Macron.

Avec RFI