Gilets jaunes: une semaine agitée aux conséquences économiques notables

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La France connaissait ce 22 novembre son sixième jour d’affilée de protestation dans le cadre du mouvement de ras-le-bol fiscal des gilets jaunes. Les manifestations contre notamment la hausse des taxes sur le carburant se traduisent par des blocages de routes et ont dégénéré à plusieurs reprises, faisant deux morts et des centaines de blessés. Les gilets jaunes commencent également à avoir un impact économique sur le pays.

La manifestation du mouvement des gilets jaunes prévue ce 23 novembre pourra bien se tenir à Paris mais sur le Champs-de-Mars. Pas question pour le ministre de l’Intérieur que ce rassemblement ait lieu sur la place de la Concorde, à quelques pas de l’Elysée, comme le demandait les organisateurs. Christophe Castaner prévient aussi que « la réponse judiciaire sera intraitable en cas de troubles ».

Plusieurs secteurs de l’économie affectés

Par ailleurs, les gilets jaunes commencent également à avoir un impact économique sur le pays. De la grande distribution aux transporteurs routiers en passant par les raffineries, un grand nombre de secteurs sont perturbés par ce mouvement de ras-le-bol fiscal qui a débuté le 17 novembre dernier.

Les centres commerciaux, qui connaissent une chute de 40% de leur chiffre d’affaires depuis le week-end dernier, sont les premiers touchés. La Fédération du commerce et de la distribution s’en inquiète d’ailleurs, à la veille du « Black Friday » et des fêtes de fin d’année.

« Plusieurs dizaines de magasins étaient hier encore fermés, explique son délégué général, Jacques Creyssel. Certains sont fermés depuis six jours désormais. On espère que cela va prendre fin rapidement. On a demandé aux pouvoirs publics et on est en contact permanent avec eux. Dès lors qu’un de nos magasins est bloqué, on exige que le libre accès soit garanti pour nos clients comme pour nos salariés »




Les salariés d’autres secteurs sont également touchés. Dans l’automobile, plusieurs usines sont à l’arrêt, faute d’approvisionnement. Des milliers d’ouvriers se sont retrouvés au chômage technique, notamment à l’usine PSA de Sochaux dans l’est de la France.

Les artisans et les commerçants tirent à leur tour la sonnette d’alarme. « Il ne faut pas que ce mouvement ait des conséquences encore plus graves parce que si derrière on ferme quelques dizaines de milliers d’entreprises artisanales, commerciales ou libérales, ce sera encore des milliers d’emplois en moins et des difficultés économiques que tout le monde partagera », déclare Alain Griset, le président de l’Union des entreprises de proximité, qui représente près de trois millions de petites entreprises.

Une semaine agitée

Le mouvement avait promis des rassemblements « bon enfant » mais le bilan de cette semaine reflète une tout autre histoire. Les dérives semblent très éloignées des revendications des premiers jours sur le ras-le-bol fiscal.

Au total, on compte 600 gardes à vues, 110 personnes renvoyées en correctionnelles, une centaine de forces de l’ordre blessées. Les blocages ont donné lieu à de nombreux débordements et même à de véritables « dérives » selon Christophe Castaner, le ministre de l’Intérieur.

Le 17 novembre dernier, à Cognac, en Charente, une automobiliste noire a été la cible de propos racistes. Au même moment, à 500 kilomètres, dans l’Ain, un couple homosexuel était agressé physiquement par des gilets jaunes sur un barrage routier.




Le 19 novembre, alors que certains appellent à poursuivre le mouvement, plusieurs manifestants ont brûlé et dévasté un péage près de Bordeaux. La société d’autoroute a porté plainte.

En milieu de semaine, des députés marcheurs ont été la cible des gilets jaunes avec des intimidations autour de leurs domiciles. Enfin, dans la Somme, certains manifestants se sont mués en supplétifs de la police en dénonçant aux autorités la présence de migrants dans un poids lourd.

Cela sans compter les deux morts et les dizaines de blessés au sein ou en marge des actions.