Fleuve Congo : pas de transfèrement vers le lac Tchad sans un accord de Kinshasa et Brazzaville

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La question n’a pas manqué de s’inviter aux dernières assises sur la relance de l’électricité en RDC. Réagissant à une inquiétude des autorités  de la province de l’Équateur, la Banque africaine de développement (BAD) a réaffirmé que les positions des deux Congo primeront dans le dénouement de ce projet.

Appelé à clarifier la position de la BAD sur un éventuel transfèrement des eaux du fleuve Congo vers le lac Tchad asséché, Donatien Kwasi a expliqué que ce genre de projet ne se réalise pas sans des préalables. Outre l’aval des deux pays qui gèrent cet important cours d’eau, deuxième fleuve au monde par son débit après l’Amazonie, il y a aussi les études à réaliser sur les retombées possibles tant sur l’écosystème que sur l’environnement. En avril dernier, la société civile du secteur environnemental est montée au créneau pour exiger que Kinshasa adopte une position claire sur cette problématique, au regard des enjeux vitaux pour le pays.

Jusque-là, les inquiétudes semblaient se concentrer autour des effets directs possibles sur la biodiversité et l’hydrographie. Certains experts n’excluaient pas non plus un grave dysfonctionnement du barrage d’Inga, avec des conséquences sur la fourniture en électricité par cette principale infrastructure énergétique du pays. Les plus pessimistes intégraient les effets incalculables sur la navigation sur le fleuve Congo et, par ricochet, le fonctionnement des ports de Matadi et Boma. Récemment, les autorités de l’Équateur ont mis l’accent sur une menace qui pèse désormais sur un projet régional d’électrification de cette province  et la Centrafrique voisine. Financé par la Banque mondiale, le projet de relance de la production du barrage de Mobayi Bongo est menacé aujourd’hui. Le gouvernorat de l’Équateur a souhaité que la BAD ne néglige pas  les différents problèmes qui se poseront pour la province si rien n’est fait pour mesurer l’ampleur exacte des dommages d’un tel projet pour le pays et la sous-région.




Pour la petite histoire, ce projet date des années 1970, avec des rebondissements cycliques. À l’époque, il s’était posé la question du transfert de l’eau à la suite de la grave sécheresse qui avait sévi au Sahel africain. La superficie du lac était passée de 22 000 à 8 000 km2 en un laps de temps. Entre-temps, l’on  a observé une augmentation des précipitations dans la zone de la forêt tropicale humide de l’Afrique, notamment dans le bassin versant du fleuve Congo. Beaucoup estimaient, à cette époque, que l’une des solutions était simplement de transférer massivement l’eau des régions excédentaires du bassin versant du fleuve Congo vers les zones déficitaires du Sahel, entre les affluents nord du fleuve Congo et le bassin versant du Chari, principal tributaire du lac Tchad.