Fisc : l’État veut renouer le dialogue avec les opérateurs économiques

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Au menu de la première rencontre entre le directeur général des Impôts et des domaines, Ludovic Itoua, et les hommes d’affaires, le 12 mars à Brazzaville, le respect du calendrier fiscal et ses nouvelles impositions.

La loi de finances de l’Etat exercice 2019 est très critiquée par le secteur privé local affecté par la crise économique actuelle, en raison de la hausse de certaines taxes puis de la suppression de quelques avantages fiscaux. Le taux de retenue à la source sur les services fournis au Congo a plus que doublé, de 5 à 10%, de même que la taxe spéciale sur les sociétés qui est passée de 1 à 2%.

En mobilisant les principaux acteurs de la vie économique du pays, Ludovic Itoua entend convaincre ses partenaires à adhérer à la politique fiscale du gouvernement, y compris au nouveau code général des Impôts en cours d’élaboration. Le gouvernement mise sur les recettes fiscales pour essayer de combler le déficit provoqué par la baisse des revenus pétroliers.

Lors de leurs échanges, les participants ont évoqué la taxe sur l’abonnement et le réabonnement aux chaînes de télévision et la taxe unique sur les salaires. L’on retiendra que la première taxe de 20 000 FCFA (en 2018) est passée à 21 000 F CFA (en 2019) hors taxe sur la valeur ajoutée alors que la seconde sera désormais prélevée aussi par la Caisse nationale de sécurité sociale.

Le message du directeur général des Impôts se veut pédagogique. Il a pour cela appelé les opérateurs économiques à une franche collaboration avec l’administration fiscale. « Je vous invite à respecter le calendrier fiscal, à faire preuve de civisme fiscal pour que grâce aux efforts des uns et des autres, les prévisions fiscales du budget de l’Etat soient atteintes cette année », a lancé le commis de l’État.




Une démarche dénoncée par le secteur privé

Les interlocuteurs ont, de leur côté, exhorté les pouvoirs publics à prendre en compte les doléances du secteur privé avant de dénoncer la « parafiscalité », l’excès de taxes fantaisistes réclamées par certains agents de l’État, échappant à tout contrôle. De même, ils ont suggéré la tenue préalable d’une conférence budgétaire fiscale censée regrouper tous les acteurs de la chaîne fiscale, avant l’adoption de toute loi des finances.

« La loi de finances actuelle a été élaborée sans associer au préalable les opérateurs économiques. Comme elle est déjà votée, que pourrons-nous y ajouter, y retrancher ou contester ? Il est trop tard. Nous ne pouvons que la subir ! Cela s’appelle faire le médecin après la mort. L’Etat devrait éviter pareille procédure à l’avenir », ont espéré les responsables des syndicats patronaux parmi lesquels le président de l’Union nationale des opérateurs économiques du Congo, El Hadj Djibril Bopaka, le secrétaire général de l’Union patronale et interprofessionnelle du Congo, Jean-Jacques Samba.