Ewo : une femme échappe à la vindicte populaire pour complot d’assassinats

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Eudoxie Solange Adé, la quarantaine révolue, soupçonnée d’entretenir un réseau criminel à travers lequel elle aurait commandité plusieurs forfaits crapuleux dans la localité et ses environs, a eu la vie sauve grâce à la dextérité des forces de l’ordre.

Tout serait parti de l’assassinat, le 16 mars dernier, au village Oyou, à 7 km d’Ewo sur la voie menant à l’aéroport, d’un jeune homme de 20 ans, nommé Urbain Kempandzami, conducteur d’une moto faisant office de taxi.

Ce jour-là, d’après des sources concordantes depuis Ewo, le jeune taximan habitant le quartier Bouta, avait été sollicité de nuit par un de ses cousins, pour une course vers Ekeyi, un village situé à 22 km d’Ewo, sur l’axe du Gabon. Lui qui ne vivait que de ce métier accepta d’y aller, ignorant qu’il s’agissait d’un guet-apens qui lui avait été tendu par un groupe d’assassins qui serait cordonné par Eudoxie Solange Adé. Après 7 km de route,  ses passagers qui n’étaient en fait que des criminels l’auraient arrêté dans la nuit pour l’abattre froidement à coups de machettes. Ils se seraient emparés de sa moto Djakarta et de son téléphone.

Le matin, l’affaire fait un tollé et la ville est dans l’émoi. Une enquête judiciaire aurait été diligentée en urgence par le Tribunal de la localité. Les indices de l’enquête se seraient convergés vers les deux tueurs, dont l’un aurait été déjà suspecté par ses propres parents et désigné à la police, pour détention d’une moto ne l’appartenant pas. Immédiatement, les deux suspects seraient arrêtés. En prison, ils auraient avoué les faits, avant de citer Eudoxie Solange Adé comme étant la commanditaire. La commerçante serait elle aussi arrêtée et aurait reconnu par la suite les faits.

Malgré sa présomption d’innocence, cette femme aurait été de nouveau épinglée dans une autre enquête impliquant l’assassinat, deux mois auparavant, en forêt et dans les mêmes circonstances, d’un autre jeune nommé Bruno, au village Mboma, à 26 km d’Ewo, sur l’axe de Mbama, d’où elle est originaire. Pour ce second assassinat, Eudoxie Solange Adé aurait aussi avoué le parrainage de ce forfait en échange d’argent avec ses agents exécuteurs.

Un commerce du sang et d’organes génitaux au coeur des forfaits

Les mêmes sources révèlent que chaque fois qu’ils accomplissaient leur sale besogne, ces assassins recueilleraient du sang de la victime et prélèveraient ses organes génitaux y compris le cœur, qu’ils remettraient à leur cheffe Solange, laquelle les transiterait via le Gabon où elle entretiendrait une clientèle sûre. Notons que deux cas de tuerie en forêt, non élucidés, seraient enregistrés dans la même période à Okouélé et Allemé, deux villages situés à 10 et 11 km de la ville, sur le même axe de Mbama.




Programmé dans le cadre des audiences criminelles en cours, le procès d’Eudoxie Solange Adé n’a pu se tenir, au motif que la population d’Ewo ne voulant plus d’elle, se serait soulevée pour l’exécuter. Son dossier serait transféré au Tribunal d’Owando pour y être jugée.

Afin d’apaiser les tensions qui prévalaient dans la ville, le maire d’Ewo, Simplice Kanza, a dû organiser des campagnes de sensibilisation, appelant tout le monde à la vigilance et à dénoncer les suspects auprès des forces de l’ordre.

Tenancière d’un grand restaurant de la place, l’infortunée serait aussi soupçonnée de trafic d’ossements humains, pour lequel elle entretiendrait un grand réseau de déterreurs de cadavres.

Notons que d’autres crimes rituels auraient été signalés  dans d’autres localités du département. La force publique devrait doubler de stratégies pour arrêter ce fléau grandissant dans le département.