Ethiopie : tentative de coup d’Etat opérée dans la région d’Amhara

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En Ethiopie, les autorités dénoncent une tentative de coup d’Etat dans la région Amhara, dans le nord du pays. Le Premier ministre Abiy Ahmed a fait une déclaration à la télévision nationale. Le chef d’état-major, le général Seare Mekonnen, et le président de la région Amhara, Ambachew Mekonnen, ont été tués. Le gouvernement éthiopien assure, dans la matinée de ce dimanche 23 juin, que la situation est sous contrôle.

Dans la nuit de samedi à dimanche, en uniforme militaire et le visage grave, le Premier ministre Abiy Ahmed a annoncé qu’une tentative de coup d’État avait été perpétrée dans cet État. L’opération a échoué et la situation est sous contrôle, a affirmé le Premier ministre éthiopien qui expliquait que plusieurs officiers avaient été visés ainsi que des représentants de la région Amhara, lors d’une réunion.

Les dernières informations font état de la mort du président de la région Amhara, Ambachew Mekonnen, à Bahir Dar, capitale de l’État d’Amhara, l’Ethiopie étant un Etat fédéral. Cet ancien conseiller en infrastructures du chef du gouvernement était en poste depuis le mois de mars seulement. Il a été tué, samedi, alors qu’il était en réunion de travail, lors d’une attaque orchestrée par le chef de la sécurité de la région Amhara, selon les autorités. Selon plusieurs sources, un de ses principaux collaborateurs, Ezez Wasé, a été tué avec lui.




Le ministre de la Justice nationale a été grièvement blessé. Cela s’est passé aux environs de 6h30, heure locale.

Quelques dizaines de minutes après, cette fois-ci, à Addis-Abeba, le chef d’état-major, le général Seare Mekonnen a été tué par son garde du corps. Dans un premier temps blessé par balles, l’officier a été transporté à l’hôpital Washington de la capitale éthiopienne, où il aurait succombé. Un ancien militaire, haut gradé de l’armée, à la retraite, Gezae Abera, qui était en sa compagnie, a lui, été abattu.

Le dernier bilan fait donc état de quatre morts et un blessé grave.

Les autorités affirment que les deux événements sont liés, que des opérations sont en cours pour arrêter les cerveaux de ce que le pouvoir présente comme une tentative de coup d’Etat.

Le chef de la sécurité de la région Amhara, Asaminew Tsige, soupçonné d’être impliqué, a été interpellé.

Le pouvoir assure au passage que la situation est désormais totalement sous contrôle.

Vrai ou faux, en tout cas le chercheur Awol Allo affirme que ces violences surviennent après plusieurs mois de tension, de déplacements massifs et de montée de l’ethno-nationalisme.

« Ces événements vont laisser des traces et seront un héritage menaçant » pour l’avenir, dit-il.L’ambassade américaine à Addis Abeba a diffusé un communiqué affirmant que des coups de feu ont aussi été entendus dans la capitale éthiopienne. Elle demande à son personnel de rester confiné et d’éviter la foule.

Selon plusieurs témoins, les premiers tirs auraient été entendus à Bahir Dar, en fin de journée samedi soir. La fusillade aurait duré plusieurs heures dans la capitale de la région Amhara.

Depuis samedi soir, internet serait en grande partie coupé dans le pays.

L’Éthiopie connaît régulièrement des violences intercommunautaires. Le Premier ministre Abiy Ahmed, salué dans le monde entier pour ses efforts en faveur de la paix dans la Corne de l’Afrique, et notamment au Soudan, ne trouve pour l’instant pas de solution pour stopper ces cycles d’affrontements dans son propre pays.

Source: AFP