Et si Sassou Nguesso n’avait pas tué Marien Ngouabi ?

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Pourquoi avoir tué Marien Ngouabi ? N’y avait il pas une autre solution que celle de mettre fin à la vie d’un homme qui ne se souciait pas de se servir au Trésor public ? Le jour de sa mort tous les congolais ont fondu en larmes et un calme divin s’est emparé du pays.

Le 18 mars 1977, un groupe de fous assoiffés de pouvoir pour le pouvoir dont le cerveau penseur était Denis Sassou Nguesso assassinait froidement un homme digne, patriotique et exemplaire qui jusqu’à ce jour présidait aux destinées des Congolais. Marien Ngouabi puisque c’est de lui qu’il s’agit dont la mort n’a jamais été élucidé rejoignait les grands hommes valeureux du Congo près du Seigneur bien malgré lui.

Et depuis lors, le Congo n’a jamais retrouvé ses repaires et déraille du jour au jour. Que serait il du Congo si ce maudit jour du 18 mars 1977 l’exemplaire Marien Ngouabi avait échappé à la folie de cette bande tribalo régionalistes ?

Qui était Marien Ngouabi

Marien Ngouabi est né le 31 décembre 1938 à Ombelé près d’Owando dans la région septentrionale de la Cuvette,fils de Dominique osséré Mopoma et d’Antoinette Mboualé-Abemba.




De 1947 à 1953, il fait ses études primaires à Fort-Rousset. En 1953, il entre à l’École militaire préparatoire Général Leclerc de Brazzaville. Il en sort en 1957 et est affecté à Bouar, en Oubangui-Chari (future République centrafricaine).

De 1958 à 1960, il fait partie du deuxième bataillon des tirailleurs du Cameroun, avec le grade de sergent. À ce titre, il participe à la guerre coloniale que les Français livrent aux populations camerounaises.




En 1960, à la faveur de l’indépendance du Congo, il est admis à suivre une formation d’officier en France, d’abord à l’École militaire préparatoire de Strasbourg, puis à l’École militaire interarmes de Coëtquidan. Il a pour camarades de promotion ses compatriotes Joachim Yhombi-OpangoLouis Sylvain-Goma et Luc Kimbouala-NKaya.

En 1962, il revient au Congo avec le grade de sous-lieutenant. Il est affecté à la garnison de Pointe-Noire en qualité d’adjoint au Commandant du bataillon d’infanterie. L’année suivante, il est promu au grade de lieutenant.

En 1965, de retour à Brazzaville, il devient capitaine et commande le tout nouveau bataillon parachutiste des Forces armées congolaises. En 1er octobre 1968, il devient commandant.

Au début des années soixante-dix, il entreprend des études de physique à l’École supérieure des sciences de Brazzaville. Il obtient un diplôme d’études approfondies

Sa prise du pouvoir





En 1966, Ngouabi est membre du Comité central du Mouvement National de la Révolution (MNR), le parti unique. Il y représente l’armée. Comme plusieurs officiers, il vit mal les changements opérés dans l’armée par le pouvoir politique.

L’année précédente, à la suite de l’évasion de l’ancien président Fulbert Youlou, la Jeunesse du Mouvement National de la Révolution (JMNR) avait été pourvue d’une branche armée, dénommée Défense Civile. Puissamment équipée, son rôle est de défendre la Révolution et la Nation.




Le 22 juin 1966, l’Assemblée Nationale vote une loi transformant les Forces armées congolaises (FAC) en Armée Populaire Nationale (APN). Une direction politique à l’armée et un haut-commandement collégial sont créés. Les deux sont dirigés par une commission civile coiffée par un officier membre du parti, qui a rang de commandant en chef de l’APN.

Le capitaine Ngouabi s’insurge contre cette inféodation de l’armée au politique et émet de vives critiques à l’endroit du président Massamba-Debat. En guise de punition, il est muté à Pointe-Noire. Ayant refusé cette affectation, il est mis aux arrêts et rétrogradé au rang de soldat de première classe par Massamba-Debat.

Des membres de son ethnie manifestent dans Brazzaville pendant deux jours (les 27 et 28 juin) pour réclamer sa libération. Les militaires de son bataillon, le groupement aéroporté, se mutinent. Ils occupent des bâtiments gouvernementaux et mettent à sac la permanence du parti.




Le chef d’État-major, le commandant Mountsaka, accouru à la base militaire de Maya-Maya pour les faire rentrer dans le rang, est fait prisonnier et mis au cachot. Finalement, la Défense civile parvient à rétablir l’ordre. Ngouabi est remis en liberté et rétabli dans son grade.

L’épreuve de force lui a valu une certaine stature dans l’armée et il s’impose comme le chef de file des officiers progressistes qui souhaitent une politique plus à gauche de la part du gouvernement. Affecté au bureau d’études de l’État-major, il publie un ouvrage intitulé « Soldat du peuple ».

Le 31 décembre 1968, l’Acte fondamental est de nouveau modifié. Le CNR, remanié et réduit à 28 membres avec la mise à l’écart des proches de Massamba-Debat, devient l’organe suprême de l’État. Le chef du Conseil est de droit Président de la République. Marien Ngouabi devient ainsi le troisième Président du Congo, à l’âge de 30 ans.

Son règne

Durant toute sa présidence, Marien Ngouabi fera face à différents courants au sein de son parti qui va perturber son pouvoir. Plusieurs tentatives de déstabilisation seront déjouées, et le système mis en place par Marien Ngouabi montre de plus en plus ses limites. L’édification d’une société socialiste au cœur de l’Afrique ne se révèle pas une franche réussite.

Au Congo où chacun a une conscience exacerbée de son identité ethnique, Ngouabi bénéficie du soutien appuyé des populations et des élites du Nord du pays, dont il est originaire, et doit composer avec l’hostilité plus ou moins larvée d’une bonne partie des populations et des cadres originaires du Sud. Dans ce contexte, le PCT apparaît à beaucoup comme un instrument de domination de l’élite nordiste.




L’organisation de la société suivant les dogmes du socialisme scientifique a eu des conséquences désastreuses sur le fonctionnement de l’État. Les administrations publiques et les services sociaux ont grandement pâti de la préférence partisane qui a promu les membres du PCT à la tête de toutes les structures publiques, sans considération des compétences.

Les détournements de fonds deviennent courants dans les services et entreprises publics et sont, dans la plupart des cas, le fait de cadres du PCT.

Le principe de la trilogie déterminante qui associe le Parti, le Syndicat et le Gouvernement dans la gestion, a considérablement nui au rendement des entreprises d’État. Par système, l’accession aux responsabilités dans le monde de l’entreprise a été déterminée par le militantisme plutôt que par la capacité. Il en a résulté une baisse de la productivité.

C’est dans ce contexte que Marien Ngouabi se rapproche d’Alphone Massamba Debat pour l’intérêt de la nation. Au sortir de son audience avec NgouabiMassamba-Debat, l’illuminé est très satisfait.

L’entretien a été très serein. Il a averti son hôte du danger qui le guettait et a accompli ainsi son devoir devant Dieu. De plus, il peut désormais mesurer le désastre et l’étendue des problèmes dans le pays et sait que le régime Ngouabi est devant un cul de sac. Le moment venu, il fera appel à lui, ne serait-ce qu’en tant que Premier-Ministre.

Dieu qui sait faire les grandes œuvres l’arrangera. Et d’ailleurs, n’avait-il pas commencé comme Premier ministre ? Il s’en réjouit et informe son groupe à qui il demande de persévérer dans la prière.

De son côté, Ngouabi est aussi satisfait. Au moins il a pu sortir des tracas quotidiens et se confier à un homme plus âgé, à un homme ayant l’expérience des affaires, qui a su surmonter les tractations du pouvoir et a eu le courage de partir quand il a compris qu’il aurait été inutile d’insister.

Ngouabi qui s’était mépris instinctivement des intentions de Massamba-Debat à la première lecture de sa lettre comprend alors qu’il s’agit d’un grand homme qui ne veut que son bien et celui de la nation.

Ne l’a-t-il pas informé de ce qui se tramait dans son entourage, chose qu’il suspectait lui-même depuis longtemps ?

Comment a t-il pu douter de la bonne fois de cet homme ?

 Trois jours seulement après cet entretien, Ngouabi reçoit tard dans la nuit un coup de fil du Président Omar Bongo du Gabon (sans doute mis au courant par le S.A.C de Debizizet et les réseaux Foccart et Pasqua) qui lui demande de faire très attention. Mais Bongo reste volontiers évasif, sur les dangers contre lesquels il veut prévenir son interlocuteur car il sait que le téléphone n’est pas à l’abri des indiscrétions. Il insiste cependant sur sa mise en garde et conseille la vigilance à son correspondant.

 Cette demi-confidence du Président Gabonais ébranle de plus belle Ngouabi, qui vit depuis un certain temps des choses étranges dans son palais : son gros chien de garde vient de mourir dans des conditions louches, un gros serpent et un petit animal ont été aperçus dans la cour mais, n’ont pu être retrouvés malgré des recherches minutieuses. Enfin, la foudre s’abat presque régulièrement sur le palais.

Ce rapprochement avec Massamba Debat va signer son arrêt de mort, car des caciques du pouvoir ne le voyaient pas d’un bon œil et aucunement souhaitaient revoir cet homme du Sud à la tête de l’Etat. Ainsi le 18 mars, ils vont passer à l’acte en assassinant crapuleusement Ngouabi et dans la foulée Massamba Debat aussi qu’ils vont responsabiliser de cet assassinat.

Les raisons du rapprochement Ngouabi-Massamba Debat

Après s’être rendu de l’échec de sa politique, et de ses limites à gérer le pays, Ngouabi qui ne voyait personne avec des capacités dans son entourage, se souvint des succès économiques de Massamba Debat et surtout sa volonté manifeste d’éviter un bain de sang lors son éviction décida de lui remettre le pouvoir.

Car Sur le plan économique et social Massamba-Débat avait mené une gestion saine et rigoureuse. Sous sa présidence le Congo connaît un début d’industrialisation et le niveau de vie des Congolais s’améliore. Quelques grandes unités de productions à grande main d’œuvre sont construites : l’usine textile de Kinsoundi, les palmeraies d’Etoumbi, l’usine d’allumettes de Bétou, les chantiers de constructions navales de Yoro, etc. Des centres de santé sont créés (deux à Brazzaville et un à Pointe-Noire) ainsi que des groupes scolaires (collèges et écoles primaires). Le taux de scolarisation du pays devient le plus élevé d’Afrique noire.

Et si Ngouabi n’avait pas été assassiné ?

Si le 18 mars 1977 rien ne s’était passé, Marien Ngouabi aurait poursuivi ses rencontres avec son prédécesseur, lesquelles auraient abouties à une remise du pouvoir par un processus que les deux hommes auraient déclenché pour le bien de la Nation. Massamba Debat qui durant son premier et tumultueux premier mandat avait eu un succès sur le plan socioéconomique aurait sans doute continué sur cette lancée. Il est le père de l’industrialisation du Congo et surtout le responsable du taux élevé d’alphabétisation du Congo à l’époque.

Massamba Debat dont Marien Ngouabi avait reconnu les compétences, et le patriotisme n’avait pour maillon faible que la gestion des humeurs politiques qui avaient secoué son mandat, et en bon patriote il en avait tiré la leçon et ce nouveau passage à la magistrature suprême aurait été très différent et plus apaisé.

Ce climat apaisé aurait favorisé l’émergence du Congo, car si en 5ans de pouvoir dans un climat tumultueux Massamba Debat avait mis le Congo sur les rails de l’industrialisation, que n’aurait il pas fait dans les conditions inverses ?




Le Congo aujourd’hui serait aujourd’hui l’une des plus fortes économies Africaines et une plaque tournante importante de la sous région et du continent. Et les villes Congolaises ressembleraient plus à des villes qu’aux grands villages comme actuellement. Avec le retour au pouvoir de Massamba Debat aujourd’hui le Congo serait peut être :

  • Un havre de vraie paix bien qu’il aurait fallu à Massamba Debat surmonter les injonctions de la France et sa région.
  • Un pays où l’excellence, la rigueur auraient pris le dessus sur l’incompétence, le clientélisme et la confusion, le Congo serait un pays industrialisé, avec un niveau de vie à la moyenne des pays émergeant, et les militaires seraient très éloignés du pouvoir et se contenteraient d’assurer leur rôle Républicain.
  • Brazzaville ressemblerait ou serait plus belle même qu’Abidjan ou Johannesburg, avec un maire élu démocratiquement et responsable. Les pousses pousse qui nous servent de camions voirie n’existeraient pas, et le vert ne dominerait pas la circulation routière.
  • Le Congo aurait une justice forte et totalement indépendante qui aurait découragée plus d’un de croire que la politique est un métier où l’on vient s’enrichir.
  • La jeunesse Congolaise n’aurait pas été victime de la dépravation actuelle, mais serait plus exemplaire et une référence pour l’Afrique.
  • Les Congolais allaient toujours ignorer ce que c’est se former dans les universités et Instituts d’Afrique de L’Ouest.
  • Les Hôpitaux ne seraient pas des mouroirs, mais plutôt des garanties pour la vie avec des médecins responsables et plein d’étique.
  • Les guerres civiles n’auraient été que des contes pour les Congolais, car le pays n’aurait pas été habité par des assoiffés du pouvoir.
  • Le génie civil des forces armées aurait été sur le terrain participant à l’édification du pays et non cloîtré dans des casernes vétustes
  • Les voyages en bateau sur le fleuve Congo jusqu’à Impfondo et Ouesso auraient été agréables dans des conditions humaines et modernes.
  • La construction de la route Pointe Noire- Brazzaville aurait, coûté moins et finit en moins de temps
  • Les Enseignants artifices de la formation de la nouvelle élite auraient bénéficié d’une considération particulière
  • La police n’aurait pas été un refuge de la corruption et des exactions contre les populations. Les commissariats auraient été modernes et dignes de l’importance des policiers.
  • Des familles moyennes Congolaises se seraient offert des vacances chaque fois, aussi bien au pays qu’à l’étranger
  • Aucun Congolais, ne serait mort d’appendicite et des maladies faciles à traiter par manque d’argent ou autres raisons.
  • Les artistes musiciens n’auraient pas sombré dans les « Mabangas » avec des chansons normales et responsables.
  • Les Libanais n’auraient pas de parole devant les Congolais, et n’auraient pas servi d’écran aux hommes politique dans les transactions mafieuses
  • Télé Congo serait une chaîne admirée et suivie par tous les Congolais et non un instrument de propagande. Ces journalistes auraient été professionnels et compétents.
  • Il y aurait eu moins de Congolais traînant à l’étranger, car tous auraient trouvé son compte dans un pays de l’excellence, du savoir et de réussite au bout de l’effort.
  • Les clivages ethniques n’auraient été que souvenirs, et seule la fâcheuse bêtise de Youlou et Opangault auraient été énumérée par les historiens

En un mot si Marien Ngouabi avait échappé à ses fous ethno régionalistes ce 18 mars 1977 le Congo aurait été un autre Congo.