Escroqueries au financement de cargaisons de pétrole congolais entre Genève et Singapour.





Jeudi dernier, 7 mai 2020, en se retrouvant face à Marc Perelman et Carine Frenk de France 24 et de RFI, Denis Sassou Nguesso savait qu’il n’allait être question que de la seule pandémie du Covid 19 au Congo. Comme à son habitude, il allait pouvoir rassurer sur la situation économique que connaît son pays bien plus que le nôtre : « Nous avons confiance… nous ne croyons pas à l’effondrement de l’économie congolaise ».




Quarante années de fraudes et de mensonges, aucune raison pour que cela ne s’arrête ! Rien n’avait encore filtré sur le virus congolais qui venait de se répandre en Asie et particulièrement à Singapour : une fraude innovante, au négoce pétrolier comme seule la bande à Sassou pouvait oser le faire ! Une cargaison de 920.000 barils de Djeno Blend, partie de Pointe Noire, a été vendue plusieurs fois. Deux ou trois fois. Une banque, la Hongkong Shangaï Banking Corp (HSBC) de Singapour, qui avait prêté l’argent du premier paiement, une cinquantaine de millions de dollars, n’a pas été remboursée par le Trader Zenrock Commodities Singapour ou peut-être sa filiale Zenrock Europe SA ( 60 rue du Rhône 1204 Genève).

Pour ceux qui connaissent le Congo de Monsieur Denis Sassou Nguesso, l’on pourrait se montrer comme lui rassurant et y trouver même à en sourire, car l’escroquerie n’est-elle pas l’essence même de ce pouvoir de Brazzaville ? Mais à y regarder de plus près, il est évident que l’affaire est grave ; plus encore, elle est extrêmement grave car il a fallu une cascade de complicités criminelles à de très hauts niveaux !

D’abord un coup d’œil au « Vendeur » ! Le premier vendeur, tel que rapporté par Bloomberg et toute la presse de Singapour, n’est pas la SNPC, ni TOTAL, ni ENI, ni PERENCO, ni AOGC, ni même Yaya Moussa, mais Socar Trading SA, la branche commerciale de la State Oil Company of Azerbaijan Republic (SOCAR), 40 rue du Rhône 1204 Genève.




Première question que l’on peut raisonnablement se poser : « Que diable vient faire cette filiale d’une société d’Etat d’Azerbaïdjan dans la détention d’une cargaison de 920.000 barils congolais, alors que Glencore, Trafigura, Mercuria et autres traders font la queue depuis X années pour récupérer la moindre cargaison d’un pouvoir congolais qui les a abusés (pour rester correct) ? »

De qui Socar Trading SA est le faux-nez ? Ou de quoi découle son droit à une allocation de 920.000 de Djeno Blend ?

Second regard bref à l’acheteur final, tel que précisé par Bloomberg, qui n’est pas une société chinoise de raffinage, ou toute autre utilisateur ou transformateur au bout du monde, mais là il faut s’accrocher pour le croire : incroyablement l’acheteur final de la cargaison était Total Oil Trading SA, ou TOTSA, la branche commerciale de la grande compagnie pétrolière française Total ! Tout ce beau monde du négoce, complices agréés de l’exploitation de la misère congolaise par Denis Sassou Nguesso et ses sbires, se retrouvent comme par hasard sur les bords du Lac Léman ou près de l’aéroport pour TOTSA, 10 Route de l’Aéroport, 1215 Genève.




La livraison de la cargaison devait se faire du 29 février au 1ermars au Terminal de Djeno, opéré dans une information approximative voire nulle par la multinationale TOTAL (au travers de TOTSA ?). Les capacités de chargement actuelles sont bien supérieures à celles décrites sur le site officiel de TOTAL et favorisent la dissimulation des niveaux de production et les détournements par le pouvoir congolais. Le tanker New Energy, qui a été désigné pour l’enlèvement, est aperçu fréquemment dans les eaux congolaises pour des chargements à Djeno. D’une capacité de 2 millions de barils qui mieux que TOTAL (TOTSA ?) peut savoir combien il charge exactement ? Le 22 mai prochain, il est prévu en position au Cabinda voisin. Fera-t-il un crochet par Djeno ?

La société genevoise TOTSA n’avait pas nié la transaction, lorsqu’elle avait été approchée par la HSBC pour régler le financement qu’elle avait assuré à l’intermédiaire Zenrock Commodities. Pour TOTSA, le règlement avait été effectué sur un compte de la Banque of China.

Source: Rigobert Ossebi avec Congo-liberty