Drone américain: selon Téhéran, l’Iran veut se défendre, pas attaquer

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La tension reste vive entre Téhéran et Washington après l’attaque contre le drone américain, même si le président américain a décidé au dernier moment de ne pas réagir militairement à l’action iranienne. « Nous n’autoriserons aucune violation des frontières », dit Téhéran par la voix du porte-parole de son ministère des Affaires étrangères.

 « Nous n’autoriserons aucune violation des frontières iraniennes. L’Iran fera face avec fermeté à toute agression ou menace de l’Amérique », a déclaré ce samedi matin Abbas Mousavi, porte-parole du ministère des Affaires étrangères. Puis c’est le porte-parole de l’état-major conjoint des forces armées iraniennes qui est monté au créneau dans un entretien à l’agence Tasnim. « Tirer une balle en direction de l’Iran mettra le feu aux intérêts de l’Amérique et de ses alliés » dans la région, a déclaré le général de brigade Abolfazl Shekarchi.

Le président américain Donald Trump a affirmé vendredi avoir annulé à la dernière minute des frappes contre l’Iran pour éviter un lourd bilan humain, tout en maintenant ses menaces de représailles contre Téhéran qui avait abattu la veille un drone américain. Dans la foulée, la Maison Blanche a annoncé vendredi soir que M. Trump avait désigné Mark Esper pour être le nouveau ministre de la Défense. Londres enverra demain dimance son secrétaire d’Etat pour le Moyen-Orient à Téhéran pour plaider « en faveur d’une désescalade urgente dans
la région
 », selon le communiqué du Foreign Office.




Drone: Téhéran maintient sa version

Mais Téhéran maintient sa version et ne baisse pas la garde, rapporte notre correspondant à Téhéran, Siavosh Ghazi. La télévision iranienne a montré pour la première fois des photos des débris du drone américain abattu jeudi en affirmant qu’ils avaient été récupérés dans les eaux iraniennes. Une manière de démentir les affirmations américaines selon lesquelles le drone a été abattu au-dessus des eaux internationales.

Le chef de la force aérospatiale des Gardiens de la révolution, le général Hajizadeh, a affirmé que des avertissements avaient été lancés à deux reprises au drone qui n’avait pas changé de cap. Il a précisé qu’un autre avion-espion américain de type P8, avec 35 personnes, accompagnait le drone, mais que les Iraniens ont décidé de ne pas l’abattre. « Notre objectif était de donner un avertissement aux Américains », a déclaré le général Hajizadeh.

En revanche, Téhéran a convoqué l’ambassadeur suisse, dont le pays représente les intérêts américains, pour mettre en garde les États-Unis contre toute attaque.
Il n’empêche, les Iraniens craignent toujours un dérapage qui pourrait provoquer une confrontation militaire entre les deux pays.

RFI