Dolisie : Vente clandestine des boissons alcoolisées au lycée Justin Victor Sathoud

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La consommation de l’alcool prend une tournure inquiétante dans plusieurs établissements scolaires de la capitale départementale du Niari (sud). Les vendeurs des pains et divers aux alentours du kiosque de la Boulangerie SAB vendent clandestinement les boissons alcoolisées aux enseignants et élèves du lycée Justin Victor Sathoud de Dolisie.

Pourtant, ce business semble n’inquiéter personne, comme si nul drame ne se jouait. Bien au contraire !

A Dolisie, plusieurs enseignants ne respectent plus les codes éthiques qui doivent transparaître dans toutes leurs actions afin que ces derniers soient un modèle pour les apprenants. A ceci, s’ajoute l’indélicatesse des apprenants eux-mêmes.

Ces différents constats inadmissibles axés sur la consommation de l’alcool dans le milieu scolaire, doivent interpeler les décideurs. Les différentes directions départementales des Enseignements Secondaires, Techniques et de la Formation Professionnelle doivent faire un état des lieux dans cette affaire et dans cette situation d’éthylisme accentuée de certains enseignants et élèves dans nos collèges et lycées.

Cette situation très inquiétante ne saurait être tolérée dans les écoles, lieux par excellence de l’éducation et d’apprentissage pour l’adoption d’une bonne conduite sociale comparables avec les bonnes mœurs.




Au Congo-Brazzaville, l’introduction, la détention et la consommation de l’alcool ou de tout stupéfiant sont strictement interdites au sein et aux abords immédiats de l’école.

La prévalence de la consommation d’alcool est estimée à 61% chez les jeunes adultes et à un peu plus de 25% chez l’adolescent.

Cette initiation précoce à l’alcool prend des proportions inquiétantes. Les ivresses, conséquence la plus visible de l’alcoolisation, semblent en augmentation chez les jeunes adolescents. Consommer l’alcool est même devenu un critère « d’affirmation » ou de « maturité ». Les conséquences de cette précocité sont graves.

À court terme, les adolescents alcoolisés sont plus victimes d’accidents. Ils sont également plus vulnérables aux violences sexuelles, comme victimes mais aussi comme auteur.

La démission de la cellule familiale avec des parents qui eux-mêmes vont chercher régulièrement l’oubli au fond d’un verre ou reviennent si souvent saouls à la maison et se vantent auprès de leur progéniture d’avoir passé une bonne journée ou une bonne soirée, le rôle de la publicité de plus en plus agressive, vantant les effets « bienfaisants » de l’alcool et les « prouesses » qu’il génère dans les activités du quotidien, les médias avec nombre d’émissions sponsorisées par les brasseries ou encore les fréquentations, tout cela fini par pousser l’adolescent à sauter le pas.




Quand on ajoute aux raisons évoquées, le manque de réglementation drastique dans la vente, voire la consommation d’alcool, avec parfois des établissements scolaires qui jouxtent des débits de boisson où les élèves même en tenue peuvent s’attabler et consommer, l’adolescent est livré à une situation de véritable tourmente.

Il est vrai, « autres temps, autres mœurs », mais telle que se délite la société juvénile congolaise, on a l’impression que quelque chose nous échappe.