Deux pétroliers en feu après une attaque en mer d’Oman

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Les forces navales américaines disent avoir recu deux appels de détresse de la part de pétroliers dans le golfe d’Oman. Deux navires seraient en feu et l’un d’eux aurait été touché par une torpille au large des Emirats arabes unis. La chaîne en anglais de la télévision d’Etat iranienne avait signalé plus tôt deux explosions consécutives en mer d’Oman. Les cours du pétrole ont brusquement grimpé suite à cette information.

  La Ve flotte américaine basée à Bahreïn annonce jeudi 13 juin avoir reçu deux appels de détresse, l’un à 06h12 (heure locale) et l’autre à 7h, rapporte le service de communication, de pétroliers situés en mer d’Oman.

Le communiqué des forces navales américaines précise que « des navires américains sont dans la zone et prêtent assistance ».  Selon le journal Tradewinds, qui cite des sources industrielles, un pétrolier de la compagnie norvégienne Frontline, le Front Altair, battant pavillon des Iles Marshall, aurait été touché par une torpille au large de Fujaïrah, aux Emirats arabes unis. Il transportait une cargaison d’éthanol chargée au Qatar et à destination de Taïwan. La Direction norvégienne des affaires maritimes a fait état de trois explosions sur le navire.  « L’équipage est monté à bord d’un navire qui passait et ne serait pas blessé », a-t-elle précisé.

Le deuxième cargo, le Kokuka Courageous, avec à bord 21 membres d’équipage, battait pavillon panaméen. Selon le correspondant de RFI à Téhéran, Siavosh Ghazi, ce deuxième navire en provenance de l’Arabie saoudite a été accidenté une heure après le premier. L’agence officielle iranienne Irna a indiqué elle que l’Iran avait tout de suite porté secours à deux tankers étrangers : « Quarante-quatre marins ont été sauvés des eaux par une unité de secours de la Marine (iranienne) de la province d’Hormozgan (sud de l’Iran, NDLR) et transférés au port de Bandar-é Jask ».

Fortes tensions 

Ces incidents particulièrement graves interviennent dans un contexte de tension croissante entre les Etats-Unis et leurs alliés sunnites du Golfe persique, notamment l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis, et l’Iran chiite, qui soutient notamment les rebelles Houthis au Yémen. Le 12 mai dernier, plusieurs pétroliers notamment deux saoudiens, un émirati et un norvégien, avaient été endommagés par des «actes de sabotage» près d’un port emirati. L’Arabie saoudite a accusé l’Iran qui a démenti.




Les Etats-Unis ont engagé une véritable guerre économique contre l’Iran en quittant l’accord nucléaire et imposant des sanctions très dures contre l’Iran, notamment pour empêcher les exportations pétrolières du pays. Dans ce contexte, le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a déclaré au Premier ministre japonais, venu à Téhéran pour apaiser les tension entre l’Iran et les Etats-Unis, que l’Iran refusait toute négociation avec les Américains. De son côté le ministre des affaires étrangère iranien juge plus que suspicieux la  coïncidence entre ces attaques visant des pétroliers liés au Japon et la visite à Téhéran de Shinzo Abe.

Les prix du pétrole, dans la foulée, ont bondi de près de 3% jeudi au début des échanges européens, les opérateurs s’inquiétant de la situation.

AFP