Déconfinement : le port du masque obligatoire a encore du chemin à faire




Pour « déconfiner » la population restée près d’un mois et demi chez elles sans activités majeures à cause de la  Covid-19, les pouvoirs publics ont misé sur la prévention, le port obligatoire du masque étant l’une des mesures prioritaires. Pourtant, le constat est tout autre.





Depuis lundi, les Brazzavillois ont retrouvé une liberté partielle. Si le gouvernement a décidé d’un déconfinément progressif, il a surtout insisté sur le port du masque avec comme moyen de répression des amendes à ceux qui ne respecteraient pas les recommandations. Malgré ces principes, plusieurs personnes sortent sans leur masque. Et sur les endroits des marchés, le constat est plus amer. Des masques positionnés sur le menton au lieu de couvrir la bouche et le nez, lorsque d’autres n’en ont pas du tout.Au regard des comportements de certains Brazzavillois, caractérisés par une teinte d’incrédulité quant à l’existence de cette maladie d’une part et de la propagation rapide de celle-ci d’autre part, il faut craindre que le nombre de contaminés explose si les mesures drastiques en termes de prévention ne sont pas déployées.

Dans un décret signé mardi par le ministre de l’Intérieur, la police devra s’assurer du port des masques que ce soit chez les piétons que dans les transports. Une vigilance certes saluée mais qui doit s’accompagner d’une campagne permanente de sensibilisation communautaire. Car s’il vrai que d’autres évoquent l’absence de moyens pour se procurer des masques locaux fabriqués par des artisans et vendues entre 500 et 1000 FCFA, la faiblesse d’une communication adaptée dans la lutte contre la pandémie est citée comme facteur ramollissant les efforts déjà déployées.




Le gouvernement qui a fait confectionner 1.500.000 masques compte agir au plus vite dans la distribution de ceux-ci aux personnes ciblées pour que soit opérante cette mesure sans laquelle le plan de deconfinement progressif mis en place serait un échec. Une opération à laquelle doit collaborer la société civile qui est d’ailleurs monté au créneau récemment lors d’une émission télévisée, pour exiger une attention particulière du gouvernement et des commissions mises en place dans la lutte contre la Covid-19. Elle pourra sans doute être un relai important dans la communication des mesures préventives qui doivent être observées. En attendant le début d’un dépistage de masse annoncé par le Premier ministre, le Congo qui compte déjà plus de quatre cents cas de contaminés mise sur la prévention pour stopper la pandémie. Une prévention encore mitigée au regard des images que nous servent les personnes sans masque à l’heure du déconfinément.