Cuvette-ouest : le Congo oublié qui a voté Sassou Nguesso

0
580




Le préfet du département de la Cuvette-Ouest, Edouard Denis Okouya a brossé mercredi dernier devant l’assemblée locale un tableau sombre de son entité administrative.

Dans le secteur éducatif, par exemple, le préfet a affirmé que le département de la Cuvette-ouest, peuplé de près de trente mille habitants, accuse un déficit de mille quatre-vingt-huit enseignants, rien que dans le sous-secteur de l’enseignement général, pour un besoin exprimé de mille cinq cent cinquante-six enseignants. Dans ce nombre, à peine cent cinquante-neuf enseignants sont actifs, en majorité les prestataires, soit un déficit de six cent vingt-trois enseignants pour couvrir le gap. Dans le sous-secteur de l’enseignement technique, la réalité est presque la même. Les trois établissements techniques que compte ce département ont un déficit en personnel, surtout dans les filières plus techniques.

Le secteur de la santé n’est pas épargné par cette triste réalité. Les données publiées par le préfet font froid dans le dos. Il ressort notamment que la Cuvette- ouest, avec six districts (Ewo, Okoyo, Mbama, Etoumbi, Kéllé et Mbomo), compte deux hôpitaux de base, dix-sept centres de santé intégrés, mais n’a que quatre médecins. Pire, tout le département ne dispose que de cent cinquante-neuf agents de santé.

Parlant des infrastructures routières, le préfet a aussi relevé que le réseau routier de la Cuvette ouest est long de 1 672 km, soit 672 km de route nationale,196 km de routes départementales et 804 km de routes d’intérêt local. Sur l’ensemble de ce réseau, seulement 200 km de routes sont bitumés et 103 km de réseau latérité.




Les autres routes sont quasiment impraticables car étant dans un état de dégradation inquiétant, rendant la plupart des localités départementales inaccessibles, a indiqué le préfet.

Parmi ces routes en terre, figure le tronçon Boundji-Ewo, long de 80 km, dont les 25 restants sont abandonnés depuis 2011. Hormis le réseau routier, nombre de ponts sont coupés à la circulation depuis des lustres, empêchant la population à se mouvoir librement d’un coin à l’autre, a révélé le préfet.

Edouard Denis Okouya a aussi parlé avec regret de la non-connexion d’Ewo au réseau électrique d’Imboulou, comme initialement prévu par le gouvernement.

Il a déploré également le manque d’eau potable dans le département, malgré l’apport du projet Eau pour tous, dont la plupart des installations techniques sont tombées en panne faute d’entretien ou soit vandalisées par les inciviques. Il s’est aussi inquiété du chômage des jeunes, de l’insécurité qui prend de l’ampleur ainsi que du braconnage des espèces animales protégées par la loi.