Couture : un métier aussi passionnant que contraignant !

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Conseils à la clientèle, ajustements et confection de vêtements, le travail n’est toujours pas facile au quotidien vu qu’il requiert des aptitudes manuelles et créatives indéniables. Carine Bérou et Bikouta Moundélé Nelly ont en fait leur métier. Entre confidences et conseils, elles nous embarquent dans les arcanes de leur gagne-pain.  

Carine Bérou remet la couture au goût du jour !

Chez Carine, l’accueil est chaleureux et la bonne humeur y règne. De dimensions modestes, son atelier est situé aux abords de l’ancienne usine de textile à Kinsoudi, dans le premier arrondissement Makélékélé. Trois machines de marque Singer sont négligemment posées sur deux grandes tables et derrière l’une d’entre elles, Laurdia Diamona (mariée et mère de deux enfants), la vingtaine, apprend la couture sous le regard bienveillant de Carine Bérou. « Les débuts étaient difficiles. Mais, après une année de cours théoriques et pratiques, j’arrive à faire quelques bricoles. Merci à Carine pour sa patience et ses encouragements qui me font aimer davantage le métier », a avoué l’apprentie en couture.

Sur la façade, quelques échantillons de ses dernières créations sont exposés. En effet, la jeune dame confectionne des tenues de cérémonie et de veillées funèbres, chemises d’hommes et de femmes aux imprimés de pagne et de bazin, en satin et en dentelle. Un savoir-faire qu’elle a acquis au fil du temps.

Aujourd’hui, son modeste atelier est devenu une adresse très fréquentée. «Il y a une année, j’avais confié à Carine la confection d’une robe. Elle était tellement bien faite et à un coût abordable. Depuis ce jour, elle est devenue ma couturière attitrée », a confié Nana Milandou, une de ses clientes fidèles.

En effet, les tarifs de Carine, variant entre 3 000 FCFA et au-delà, toutes les bourses y trouvent leur compte. Seul bémol, l’irrégularité des recettes due à la crise économique actuelle ne lui permet plus, comme il y a quelques années, de joindre les deux bouts du mois. « Les gens ne se confectionnent plus fréquemment des tenues et préfèrent s’approvisionner à la friperie. Résultat, on ne fait plus que des ajustements à moindre prix », nous a indiqué Carine.




Face à ces aléas, Carine reste néanmoins confiante en l’avenir. Persuadée que la connaissance reste le meilleur moyen d’émerger, son atelier est avant tout une école via laquelle elle forme, éduque et accompagne ses apprenantes vers l’autonomisation. Et depuis l’année dernière, elle a commencé à confectionner des sacs et des coussins sur commande. «Récemment, j’ai réalisé des sacs à pain, des coussins, rideaux pour un client qui allait en Angleterre. C’est un domaine que je vais exploiter, car la couture est aussi synonyme de création », a estimé la couturière.

Si Carine n’a pas encore participé à des salons nationaux où l’on valorise le pagne, elle s’y attelle et compte bien séduire « des cœurs » par sa créativité lors des prochains salons. Car la mode, a-t-elle dit, est avant tout une question de partage.

Nelly Bikouta Moundélé

Ensembles, robes, jupes, chemisiers et même robes de mariée originales… Voilà quelques échantillons que Nelly, la trentaine révolue, célibataire et mère de trois enfants, réalise dans son atelier de couture sous le regard attentif de ses cinq apprenantes. Jour après jour, elle amende sa technique et sa touche sobre et raffinée fait mouche. Les habitants des environs sont de plus en plus séduits tant par la qualité de ses coupes, ses finitions que les coûts de ses prestations. Pour un métier qu’elle a appris sur le tas, la couture est non seulement une passion pour Nelly mais aussi et surtout sa planche de salut.

Un métier passionnant mais parfois ingrat !

Nelly travaille durant des heures et rentre chez elle parfois amortie. « Il y a des jours où je fais des heures supplémentaires face aux exigences de certaines clientes excentriques et quand je rentre à la maison, je n’ai qu’une envie, c’est celle de dormir. Mais ce n’est pas possible, car j’ai aussi des obligations ménagères et parentales », a -t-elle fait savoir. « Et lorsque les délais de commandes ne sont pas respectés, les clientes rouspètent. Mais ce qu’elles ignorent est que leurs requêtes rendent nos horaires irréguliers et le rythme de travail malheureusement très intense », a-t-elle poursuivi.

Consciente de ses faiblesses, Nelly apprend tous les jours de ses erreurs. « Ce n’est pas seulement le talent qui fait la couturière, c’est surtout l’expérience et la pratique qui permettent de maîtriser la coupe, la couture et la retouche. A ces ingrédients, il faut ajouter le sens de l’écoute afin de satisfaire au mieux la clientèle », a témoigné Nelly qui a réussi à fidéliser bon nombre de ses clients.

Comme en témoigne Irène Ndinga, « le résultat est toujours esthétiquement beau avec Nelly, bien qu’elle ne respecte pas toujours ses rendez-vous. Je suis devenue fidèle car je suis très regardante sur les finitions ». Des propos qui revigorent et redonnent le sourire à la couturière car, dit-elle, « quel bonheur quand le client est radieux et content de sa commande, c’est plus que le gain enfin de compte ! »