Coronavirus: une vingtaine de suspects en quarantaine à Kintélé

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Le responsable du centre de mise en quarantaine de Kintélé, docteur Jean Médard Kanko a déclaré le 22 février, dans un échange exclusif à Vox, qu’il n’y avait, jusqu’ici, aucun cas suspect ou confirmé de Coronavirus (Covid-19), à la suite du contrôle effectué sur les passagers venus de Chine. Ils sont actuellement 24 sous surveillance épidémiologique à Kintélé, et vont y rester pendant deux semaines avant d’être relaxés ou déclarés malades, selon les cas.

Le dispositif de mise en quarantaine créé à l’hôtel de la Concorde de Kintélé, par une circulaire du Premier ministre Clément, Mouamba est activement fonctionnel depuis le 20 février. Il consiste à conduire tous les passagers des vols en provenance de Chine vers le centre de mise en quarantaine. Au début, des dysfonctionnements liés à la logistique et au personnel ont été constatés. « Maintenant ça va, il y a du personnel permanent et les personnes en quarantaine sont bien traitées », a confirmé Dr Kanko.

Selon l’inspecteur général des hôpitaux, professeur Richard Bileckot, le ministère des Finances a remis des fonds conséquents, sans préciser le montant, pour démarrer la mise en quarantaine à Kintélé. Cette allocation financière a été rendue disponible le 19 février auprès de la ministre en charge de la Santé, Jacqueline Lydia Mikolo.




C’est depuis le 20 février que les personnes venant de Chine sont tenues d’entrer en quarantaine à Kintélé. Sept passagers identifiés dans le vol Ethiopian Airlines de ce jour-là devraient suivre la mesure. Il s’agit de quatre Congolais, deux Chinois et un Japonais. Mais d’autres passagers n’ont pas accepté d’aller en quarantaine. « La mise en œuvre est toujours difficile au début. Parfois le message ne passe pas trop bien. Aujourd’hui, c’est systématique, dès que vous arrivez, on vous emmène à Kintélé. Il y a actuellement entre 24 ou 25 personnes là-bas », a indiqué le chef de centre qui est par ailleurs directeur de l’épidémiologie et de lutte contre la maladie.

Après les sept premiers passagers, un deuxième groupe est arrivé le 21 février. Leur nombre a été plus important, environ une quinzaine. A l’arrivée de ce vol d’Ethiopian, une rumeur a été répandue à Brazzaville, évoquant des cas suspects de passagers atteints de Coronavirus. « Il n’en est rien de tout cela. Ces personnes sont mises en quarantaine et ce n’est qu’après qu’on en saura davantage », a assuré Dr Kanko.

Après avoir boudé ces mesures de quarantaine à sa descente d’avion, un Congolais a finalement rejoint le groupe dans la soirée du 20 février (espérons qu’il n’a pas contaminé ses proches). Toutes ces personnes sont logées à l’hôtel de la Concorde de Kintélé. D’après les premières informations, ces passagers ne présentent « aucun symptôme de maladie » et leur température est normale, selon les trois prises des journées de jeudi et vendredi.

A l’étape où le passager descend de l’avion, il est difficile de savoir s’il est contaminé ou pas. Sa température corporelle peut être élevée, mais cela ne signifie pas qu’il est atteint du Covid-19. Il faut donc observer un temps d’incubation, dans le but de laisser la maladie s’extérioriser.

Depuis le déclenchement de l’épidémie à Wuhan en Chine, c’est seulement cette semaine que le Congo accueille les avions en provenance de l’Empire du milieu. Contrairement à beaucoup de pays dans le monde, les autorités n’avaient pas suspendu les liaisons aériennes avec la Chine.




Dans la commune de Kintélé, la mairesse Stella Mensha Sassou Nguesso ainsi qu’un collectif de chefs de quartiers avaient boudé la décision du gouvernement d’installer dans leur ville ce centre de mise en quarantaine. Dans une déclaration, ils arguaient que le site choisi pour ce centre était un ensemble de bureaux de la mairie, régulièrement fréquentés par divers usagers. Une doléance apparemment non prise en compte par les autorités nationales.

Début février, le gouvernement avait annoncé une aide de 200 millions de francs CFA pour soutenir quelque 105 étudiants congolais résidant à Wuhan. Jusqu’ici, les autorités n’envisagent pas le rapatriement de ces étudiants qu’elles appellent à la prudence et à suivre les consignes sanitaires en vigueur en Chine.

Les autorités ont intensifié ces derniers jours la communication sur les mesures prises pour contrer cette épidémie. Une conférence de presse co-animée par la ministre en charge de la Santé et l’ambassadeur de Chine, Ma Fulin, est d’ailleurs prévue la semaine prochaine à Brazzaville.