Coronavirus en Espagne: la région catalane de Lerida se déconfine progressivement

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Pas de deuxième vague de coronavirus en Espagne, estime le gouverment de Madrid, qui constate néanmoins que le nombre de contaminations augmente de plus en plus avec 483 clusters actifs. Mais il y a davantage d’asymptomatiques et moins de cas graves qu’au printemps. La Catalogne est particulièrement touchée. À Lerida et dans les alentours, ce jeudi 30 juillet à 16 heures le confinement a pris fin et après une journée de canicule, les habitants sont sortis nombreux profiter de la fraîcheur du soir. Mais la vie n’est pas encore revenue à la normale.




Il y a du monde aux terrasses ce jeudi soir pour fêter le déconfinement et se rafraîchir après les 40 degrés de la journée.

Mais à Lerida, le retour à la normale n’est que partiel, et cela suscite des critiques. Natalia Rubio tient un restaurant végétarien dans la zona alta :« Nous sommes contents bien sûr; mais en même temps un peu déçus de ne pouvoir ouvrir qu’à mi-capacité et seulement en extérieur. Parce qu’on sait bien qu’à Lerida, la chaleur est très forte à la mi-journée, et ça sera difficile de maintenir l’activité si on ne peut pas servir à l’intérieur. »




La restauratrice réclame le chômage partiel pour ses employés, car contrairement à la période de confinement national, pour l’instant rien n’est prévu. Même son de cloche chez le patron de La Bambola, qui a réussi à rester ouvert grâce à la vente à emporter : « Oui, on attendait cette journée, mais il reste trop de restrictions et une inégalité avec Barcelone. »

 Cendrillon de la Catalogne

Barcelone et la côte privilégiées ? Carmen Crous, qui n’a pas pu quitter son village pendant 15 jours, en est persuadée : « Je trouve que les mesures qu’ils ont prises sont un peu injuste, non ? Ici, on a fermé les bars et restaurants et on ne rouvre que les terrasses ! On nous traite un peu comme la Cendrillon de Catalogne ! »




En effet, tout doit fermer à minuit pile ce soir. En attendant, Carlos Arias, 48 ans, en profite. Il n’en pouvait plus du confinement : « La vie méditerranéenne, c’est sortir dans la rue et pouvoir prendre quelque chose, au restaurant ou au bar. Et cette situation a changé la vie de tout le monde ici. »

Retrouver la vie d’avant, ça n’est pas pour tout de suite. La Catalogne a fait état jeudi de trois nouveaux clusters de coronavirus.

Freiner le virus mais pas l’économie

Fermée depuis trois semaines, la région de Lerida a été l’épicentre de la reprise de l’épidémie avec de gros foyers dans le secteur des fruits et légumes, notamment. Mais aussi de nombreux cas liés à des réunions familiales ou événements festifs.

À Barcelone aussi les mesures sont allégées : les cinémas et les salles de sport pourront rouvrir, mais pas les discothèques ou bars nocturnes. « On reste en zone rouge », a d’ailleurs dit la responsable catalane de la Santé ce jeudi. Car dans la région et dans toute l’Espagne, le nombre de contaminations continue à augmenter. L’idée est de freiner la progression du virus, tout en limitant l’impact économique.