Construit avec de l’argent volé le CESD de Avounou cesse ses activités à Djiri

0
874




Les difficultés financières ont eu raison de la mission principale du Centre d’études et sport la Djiri (CESD) qui consistait à faire éclore de jeunes footballeurs talentueux congolais.

Implanté à la sortie nord de Brazzaville, le CESD présente aujourd’hui une image désolant. Les herbes ont poussé dans cet établissement,  a-t-on appris. L’école avait tenté le pari de rouvrir ses portes à ses pensionnaires l’année dernière. Les enseignants n’étant pas payés, les élèves n’avaient pas pu finir l’année scolaire.




Pour cette rentrée avortée, le CESD espérait accueillir entre 300 à 500 élèves, a expliqué un encadreur mais le  nombre d’inscrit était cette fois-ci, en deçà. Outre la quantité, les parents éprouvaient des difficultés à payer régulièrement les frais scolaires de leurs enfants sans nul doute à cause de la crise économique et financière qui avait commencé à modifier les habitudes.

« Avec moins de cent élèves, il était difficile de faire face à certaines dépenses comme payer les enseignants, l’eau et l’électricité, »a-t-il expliqué, déplorant le manque de soutien qui selon lui, a mis  ce centre multidisciplinaire à terre. « Sans aide extérieure, le CESD ne pourra peut-être plus se relever », estime-t-il.

Le 2 novembre 2017, lors de sa visite au CESD, le ministre des Sports et de l’éducation physique avait promis de soutenir ce centre qui forme à la fois les footballeurs, les handballeurs, les basketteurs, les karatékas et judokas, dans sa mission de détecter les talents parmi les pensionnaires, et d’assurer leur prise en charge. « C’est vrai que l’on ne peut rien faire sans moyens. Il faut trouver les moyens et voir ce qu’il y a à faire. De toutes les façons, investir dans ce centre ne sera pas de l’argent jeté », déclarait Hugues Ngouélondélé. Mais la promesse tarde à se concrétiser.




Un coup dur pour ce centre qui aidait les parents dans l’orientation de la carrière de leurs enfants sportifs. Le pôle sportif du CESD, s’appuyait en effet sur les principes de formation de la Fédération française de football. Vincent Rautureau a d’ailleurs joué un rôle clé afin de permettre à ce centre de franchir un palier.

Le CESD a participé à plusieurs tournois internationaux à l’étranger. A titre de rappel, ses pensionnaires ont été classés 3e au Future champions Gauteng en Afrique du Sud en 2014 avant de  remporter, la même année, le tournoi international de Reze en battant SCO Angers (1-0).  Ce centre a aussi formé des internationaux parmi lesquels Durel Avounou, Exaucé Ngassaki, Jacques  Medina Temopélé… Certains de ses anciens pensionnaires ont même renforcé les Diables noirs et l’Etoile du Congo, les équipes phares de Brazzaville.




Le CESD a gagné le pari de sa visibilité en dehors du pays en organisant  durant quatre années, la Djiri cup, le tournoi qui visait à promouvoir le football des jeunes et des académies de football. C’était l’un des maillons du mécanisme de recherche et de développement du football au Congo et dans d’autres pays d’Afrique, par la mise à exécution de la politique de détection des jeunes talents âgés de15 à 17 ans, disséminés à travers l’Afrique et le monde

Créé en novembre 2009 par la Fondation Rêves de Gosse, le CESD, dispose entre autres, de 3 dortoirs, 50 lits gigognes, 4 terrains de jeu (basket, handball, tennis, volleyball), 8 salles de classe, 1 salle de musculation et 1 terrain synthétique de football.

Son promoteur avait même l’intention d’étendre le terrain de football sur les autres 10 mètres de l’espace réservé au CESD en vue de construire un second stade dans le  but  de faire progresser les différentes catégories. Ce projet est abandonné…