Congo/Recherche scientifique : Démarrage des travaux de réhabilitation du centre de traitement des morsures de serpents





Le ministre de la recherche scientifique et de l’innovation technologique, M. Martin Parfait Aimé Coussoud-Mavoungou, a procédé récemment à Brazzaville au lancement des travaux de réhabilitation des bâtiments devant abriter le projet de l’herpétologie, consistant à la mise en place du centre de traitement des morsures de serpents, couplée à la production du sérum antivenimeux par l’Institut national de recherche en sciences exactes et naturelles (Irsen).




Ce bâtiment, offert à l’unité de recherche sur les ressources herpétologiques, présente deux composantes. Il s’agit d’un premier bâtiment de 60 m2 qui servira à l’animalerie, pour les essais cliniques. Le deuxième, de 400 m2, abritera, entre autres, les laboratoires batracologiques pour les amphibiens ou les batraciens, et herpétologiques pour les reptiles. Il y sera étudié la biologie de l’alimentation et de reproduction, l’écologie, la systématique de l’herpétofaune.

Le futur centre de traitement des morsures de serpents

Dans ce bâtiment, sera également prévus la salle de collection de l’herpétofaune à des fins didactiques et pédagogiques, le bloc de domestication des serpents, de prise en charge et de traitement des morsures de serpents, ainsi que la salle de conférence et le compartiment de l’administration.

 Dans le cadre de la recherche, le ministère de la recherche scientifique et de l’innovation technologique apportera, à travers le projet de l’herpétologie, sa contribution aux cas des envenimations qui constituent un réel problème de santé publique.

“Vous êtes sans savoir qu’un sérum antivenimeux coûte à ce jour un peu plus de 80.000 Fcfa. Ces sérums sont faits à partir des venins des serpents africains domestiqués en dehors de l’Afrique. Or, la toxicité du venin du serpent peut être influencée par plusieurs facteurs comme le climat du milieu, l’âge du serpent, ce qu’il mange et son milieu”, a fait savoir le Dr Ange Ghislain Zassi-Boulou, chercheur herpétologiste à l’Irsen, poursuivant qu’à travers ce projet, ils veulent le mettre à la disposition de la population congolaise des sérums antivenimeux spécifiques, disponibles et accessibles à toutes les bourses.




Dans cette optique, deux experts chercheurs congolais de l’Irsen, notamment MM. Ange Ghislain Zassi-Boulou et Lise Bethy Mavoungou, avaient participé à Johannesburg, en Afrique du sud, à l’atelier international d’évaluation des reptiles de l’Afrique centrale et du Sud, organisé par l’Union internationale pour la conservation de la nature (Uicn). Cette institution interviendra dans la formation des chercheurs en matière de systématique pour la gestion durable de la diversité biologique.

L’installation de ce centre à la cité scientifique de Brazzaville servira non seulement aux scientifiques et à la population congolaise, mais également aux stagiaires et experts des autres pays, dans le cadre de la fondation internationale pour le traitement des morsures de serpents.

Le projet de l’herpétologie va apporter la connaissance et la meilleure maîtrise de l’herpétofaune, en vue de son utilisation rationnelle pour sa conservation et sa gestion durable. Il permettra aussi le développement de la raniculture, qui est l’élevage des grenouilles comestibles, avec la production en captivité des sujets résistants à l’élevage, pour une contribution nécessaire à la sécurité alimentaire grâce à la production des protéines animales facilement accessibles.




Le centre d’herpétologie est un projet du gouvernement congolais, mis en place en collaboration avec les États-Unis d’Amérique (Usa), à travers l’université Whitman collège de Wala Wala et l’appui de la fondation internationale pour le traitement des morsures de serpents.

Peu avant la visite dudit centre, M. Coussoud-Mavoungou a assisté au démarrage des travaux de réhabilitation d’un autre bâtiment à la cité scientifique, qui devra abriter le laboratoire de diagnostic environnemental et de contrôle qualité des aliments, grâce aux techniques de l’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire.

Dans ce laboratoire, il est prévu l’installation d’un spectrophotomètre gamma pour la détection des métaux lourds, le comptage pour le rayonnement gamma et le comptage avec le spectrophotomètre alpha pour éviter la contamination. Ces appareils vont servir à détecter les taux de radioactivité d’un environnement quelconque.

L’installation du laboratoire pour le contrôle environnemental et le contrôle qualité des aliments est une subvention de l’Agence internationale de l’énergie atomique (Aiea). La réhabilitation des bâtiments est à la charge du gouvernement congolais, a-t-on indiqué.

(Sosthène Milandou- ACI)