Congo-B: l’opposant André Okombi Salissa renvoyé devant la cour criminelle

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André Okombi Salissa est en prison depuis presque deux ans pour des accusations d’atteinte à la sûreté intérieure et détention d’armes de guerre. Le procès de l’ancien ministre et ex-candidat malheureux à la présidentielle au Congo-Brazzaville est imminent même si aucune date n’a encore été annoncée.

Vendredi 28 décembre, devant la chambre d’accusation de la cour d’appel, les avocats d’André Okombi Salissa ont plaidé sa remise en liberté pendant plus de deux heures. Mais ils ont été surpris par l’ordonnance prise à la suite de leurs plaidoiries qui renvoie leur client devant la cour criminelle qui doit le juger dans un bref délai parce qu’elle est en pleine session, selon Me Yvon Eric Ibouanga.

« Vraisemblablement, le procès est imminent parce que nous avions déposé les conclusions en réponse aujourd’hui pour passer au crible les mentions contenues dans l’ordonnance du juge d’instruction. Nous avons plaidé aujourd’hui et une heure après la chambre d’accusation a rendu sa décision traduisant M. André Okombi Salissa devant la cour criminelle en violation de ses droits », a-t-il dénoncé.

L’avocat se dit prêt à défendre son client qui est également accusé de détention illégale d’armes et munitions de guerre. « Nous sommes prêts pour le procès parce que ce dossier est totalement vide ; il n’y a pas d’éléments à charge », a-t-il fait observer.

Depuis quasiment deux ans, André Okombi Salissa, 56 ans, est détenu seul sans la possibilité de sortir de sa cellule ni de recevoir de visite de ses proches.

Ministre sans interruption de la fin des années 1990 à 2012, André Okombi Salissa a rejoint l’opposition et était candidat contre Denis Sassou-Nguesso en 2016. Après la présidentielle, il a vécu dans la clandestinité pendant plusieurs mois avant d’être accusé de détention illégale d’armes et atteinte à la sûreté de l’Etat, puis arrêté en janvier 2017. Depuis, son frère est mort après son interrogatoire dans cette affaire.




Près de deux ans après l’arrestation d’André Okombi Salissa, l’une des avocates pense que la première audience pourrait avoir lieu dans les prochaines semaines. « Nous espérons que le procès sera basé sur le code de procédure pénale, et pas sur les positions politiques de M. Salissa », explique-t-elle.

Elle rappelle qu’André Okombi Salissa est le dernier opposant à ne pas avoir été jugé au Congo-Brazzaville, après le général Mokoko, le général Dabira ou Jean-Martin Mbemba.

Avec RFI