Comment l’exode rural est à la base de la faillite de la classe politique Congolaise

0
1210

Le manque de transition à la vie moderne a été un choc important pour nos papas dirigeants au point de créer en eux un esprit de « vivre sa vie à fond ». L’argent qu’ils possèdent est un facteur primordial à la réalisation de leurs rêves. Des foyers entiers subissent les effets négatifs de cette jouissance accélérée, et on assiste à une absence de capacités productives de nos papas à cause de ce goût démesuré pour la jouissance.

Les papas qui devraient montrer l’exemple incarnent de nos jours la jouissance accélérée au point de surclasser la jeunesse, laquelle, résignée face aux gros moyens financiers de ces derniers leur sert parfois de guide. Dans le passé, les grands parents qui avaient le sens de la famille évitaient de montrer en public leur goût pour la vie et les bonnes choses, car, étant conscients de leur statut de chef de famille. C’est dans cette optique que les papas actuels ont reçu une bonne éducation pendant qu’ils étaient encore sous leur coupe au village.

Dans les villages du Congo, l’activité ne se résumait qu’à la pêche, chasse et travaux champêtres après évidemment l’école, d’où, le manque de loisirs souffert par les papas à cette époque. Les boissons importées et faites à Brazzaville, la télé, les bonnes revues etc… n’étaient pour eux que des rêves irréalisables avant que certains n’émirent en ville poursuivre leurs études, qui chez un oncle, qui chez des amis ou encore boursier de l’État dans un campus universitaire.

Au village, le plus souvent, ils marchaient pieds nus, des kilomètres pour étudier. Une anecdote rappelle encore qu’un certain Pierre Ngolo provenant du village eut la maladresse à la vue du goudron une fois arrivée à Brazzaville de le signifier à vive voix devant son Oncle et cousins dans le Taxi qui les ramenait à la maison «Goudron ! Goudron ! Goudron ! ».

Ce manque de culture urbain avait joué plus d’un coup à plusieurs villageois avant leur intégration. A Brazzaville ces villageois vont se mélanger aux jeunes de Poto poto, Bacongo et Moungali qui vont leur ouvrir les yeux sur tous les secrets de la bonne vie citadine. D’autres par contre n’auront pas cette chance de découvrir Brazzaville qui ne sera qu’un transit vers les universités des pays du bloc de l’Est, de France, d’Algérie, de Madagascar et de Chine.

Il est impérieux dans la vie qu’il y ait une transition à toute chose pour éviter tout abus, et ce manque de transition d’intégration à la vie citadine semble être la cause de la vie accélérée de ces papas qui dès leur premier salaire vont se démarquer des Brazzavillois dans les excès. L’argent ayant levé le frein à toute découverte, ces papas ne lésinent pas sur les moyens dans la conquête des filles qu’ils gèrent dans toute la ville. Nombreux d’entre eux gèrent plusieurs foyers appelés communément «  Deuxième, troisième et quatrième bureau ».

Le train de vie de ces papas va s’accélérer, et les artistes musiciens qui ne manquent pas d’ingéniosité vont en tirer profit par les « Mabangas » dont ces papas sont fanatiques à mort. L’argent soutiré du contribuable Congolais sert à «  faroter » et à se faire plaisir…Eh oui, tout le retard accumulé pendant la jeunesse doit être rattrapé. Le mal dans tout cette « Ntsakalogie » c’est l’État Congolais qui par ses finances en subit les effets négatifs et peine à prendre l’ascendance malgré toutes ces années passées au pouvoir par ces papas.

Plus que jamais, le goût à la bonne vie de ces papas diminue leurs capacités intellectuelles par ricochet productives et les enferme dans une boule de cristal dont l’incompétence, le jusqu’au boutisme, les pratiques fétichistes, le manque d’esprit d’alternance, le pillage des deniers publics et autres sont les vertus.

Les grands hommes sont ceux qui croient en leur savoir et qui traînent avec eux des vertus indéniables, mettant en valeur l’intérêt public au personnel. Si certains papas sont parfois rattrapés par la conscience, d’autres par contre plus viveurs usent mal leur autorité. Pour un différend parfois d’ordre social ils usent de leur statut professionnel pour y résoudre sans passer par les moyens établis à cet effet. Et comme chaque parvenu aime créer une chaine, de nombreux parents venus droit du village sont appelés vite à Brazzaville pour occuper de postes de responsabilités sans en avoir même la capacité. C’est le phénomène «  yaka noki noki ».

L’une des multiples créations de ces papas est le droit de cuissage qu’ils appliquent sans scrupule dans toutes les sphères de l’État .Se rattraper du manque de vie sexuelle juvénile entraîne de conséquences néfastes dans plusieurs familles où la maman, la fiancée, la fille sont obligées de céder leurs corps pour accéder à un travail, avant de devenir des objets sexuels de ces papas qui brandissent toujours la menace d’un licenciement en cas d’opposition. Un harcèlement sexuel dont sont les victimes les secrétaires particulières de quelques uns de ces papas.