Clément Mierassa : le Congo est l’un des pays les plus corrompus du monde

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Le président du Parti social-démocrate congolais (PSDC), Clément Mierassa a déclaré, dans un entretien accordé aux Dépêches de Brazzaville, le 5 septembre, que « Le Congo est l’un des pays les plus corrompus du monde. Notre indice de corruption a jusque-là été inférieur à 3/100, c’est-à-dire à 3/10 c’est vraiment une très mauvaise note ».

«Aujourd’hui, avec la grave crise multidimensionnelle que nous traversons, l’une des priorités est la lutte contre les antivaleurs mais nous sentons que le gouvernement est bloqué sur ce point. Où en sommes-nous avec les fonds alloués à l’agriculture, à la formation au ministère des Hydrocarbures, à ceux versés dans un des comptes à la LCB ? C’est un peu tout ce débat que les Congolais attendent. Il y a trop de déclarations sur la lutte contre la corruption et très peu d’actes concrets. Le Premier ministre est tenu de prendre le taureau par les cornes pour ce qui est de la lutte contre les antivaleurs en s’adressant à la justice », a affirmé le président du PSDC, parti de l’opposition.

«On ne doit pas continuer à tolérer l’impunité », a-t-il martelé.

En proie à une forte corruption dans son circuit administratif, le Congo veut prendre des mesures pour lutter efficacement contre le phénomène et, partant, libérer les victimes de leurs prédateurs. Le premier ministre Clément Mouamba se dit déterminé à lutter contre ce fléau. Mais le phénomène gangrène les rapports entre l’économie et le système politique.

Une dette publique écrasante, des recettes toujours portées par les produits pétroliers… Trois ans après le début de la crise financière, les efforts consentis n’ont pas encore relancé l’économie et peinent à convaincre le FMI.

Certes, depuis plusieurs décennies, les gouvernements successifs ont essayé, chacun en sa manière, d’engager une lutte contre la corruption. Toutefois, il s’agit d’actions sporadiques des politiques qui ne suffisent pas pour mener une bataille de fond contre la corruption.

Les commissions d’enquête s’enchevêtrent sans donner de probants résultats si, elles n’apparaissent au final comme des effets d’annonce ou de propagande de l’Exécutif. La lutte échoue parce que la stratégie n’agit pas sur les bons leviers. Il est donc impérieux d’aller plus loin et en profondeur.




Néanmoins, en amont, la priorité doit être accordée à l’éducation civique et à la culture du respect du bien public, des valeurs qui induisent de réels changements dans la société. L’élaboration et la mise en œuvre de procédures administratives simplifiées qui laissent place à une clarté de l’action publique sont indispensables pour gagner cette lutte. Car moins de bureaucratie signifie moins d’opportunités que les fonctionnaires abusent de leur pouvoir.

Si nous voulons voir, la corruption reculer un jour au Congo, la justice doit aussi jouer sa partition, une justice indépendante capable de s’affranchir des pouvoirs politiques, des milieux économiques etc.