Canada : plaidoirie d’un journaliste Congolais dont les enfants lui ont été retirés

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La plaidoirie incisive du journaliste et écrivain Alban Mabiala Nsimba devant la cour du Québec pour tenter de récupérer ses enfants qui sont pris en otage par la Direction de Protection de la Jeunesse (DPJ).

Accusé à tort d’abus physiques et des méthodes éducatives déraisonnables sur ma progéniture, moi Alban Mabiala Nsimba, je réfute d’un revers de la main toutes ces allégations mensongères et infondées.

Avant de commencer ma plaidoirie, j’aimerai d’abord vous persuader que la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) n’est pas mon ennemie, moins encore mon amie, elle est tout simplement mon antagoniste. Nous ne partageons pas la même philosophie sur l’éducation des enfants.

En tant que minorité visible, je dois concilier la culture africaine et la culture occidentale; nos valeurs chrétiennes et la philosophie morale pour arriver à donner une bonne éducation à mes enfants. Je m’évertue de trouver le juste milieu de Aristote dans tout cela.

Lors de la première audience, madame la juge, vous avez voulu savoir pourquoi je m’obstine à ne pas coopérer ni collaborer avec la DPJ? C’est tout simplement, parce que j’applique l’un des principes de la vie qui dit que : « Sois humble avec les humbles; fier avec les orgueilleux. »

Je suis humble avec l’intervenant Martin Aubin, parce qu’il est humble. Par contre, je suis fier avec Kassandra Paquin et sa gestionnaire Sylvie Madore, parce qu’elles sont hautaines et elles m’ont prouvé leur malhonnêteté intellectuelle.

Elles m’ont harcelé au téléphone en m’intimant l’ordre de me rendre urgemment dans leurs locaux, au risque de perdre la garde de mes enfants.

Aimant mes enfants, je ne pouvais leur donner cette chance de prendre en otage mes enfants. C’est ainsi que j’ai écrasé l’accélérateur en me lançant sur la route. J’ai tenté d’arriver sur les lieux de rendez-vous avant qu’elles ne mettent leur menace en exécution.

Malheureusement, en cours de route, j’ai frisé un accident mortel. J’ai eu une blessure émotionnelle. Comme elles sont sans cœur, elles ont pris en otage nos enfants, sans pitié, ni remords.

Cela me rappelle les mauvais souvenir de l’esclavage où les colons pouvaient se permettre de ravir les enfants sans pitié dans les mains de leurs parents biologiques.

Alex Haley nous le décrit dans son roman Racines, où la petite Kizzy a été enlevée sous les yeux ébahis de son père Kunta Kinté.

Nous ne sommes pas au 16e siècle pour que je subisse ce traitement humiliant. Nous sommes au 21e siècle, de sur quoi au Canada où nous célébrons le mois de l’histoire des Noirs.

Pourquoi je qualifie Kassandra Paquin et sa gestionnaire Sylvie Madore de malhonnêteté intellectuelle, c’est parce que tous ceux qui sortent de leur bouche, ne sont que du gros mensonge.

Elles ont voulu profiter de la situation tragique que traverse mon fils Albright Nsimba Mabiala, pour nous assommer.

Kassandra Paquin et Sylvie Madore sont des profito-situationnistes. Ne dit-on pas que le malheur ne vient jamais seul?

Aujourd’hui, elles m’accusent sans preuve d’abus physiques et de méthodes éducatives déraisonnables sur mes enfants. Ces accusations sont sans fondements.

Elles ont dit que j’ai tapé Albright quand il avait 6 ans. Désolé de vous le dire, je n’ai pas le pouvoir d’ubiquité, c’est-à-dire d’être au même moment au Congo et ici au Canada.

En 2011, ma petite famille se trouvait au Congo pendant que je suais sang et eau ici au Canada pour les parrainer.

Ce n’est pas parce que je suis l’auteur du livre La sorcellerie rabique en Afrique. Outils et stratégies pour lutter ce fléau. Les Impliqués 2021, Paris, que je suis un sorcier. Non, je ne le suis pas.

Comme j’ai rejeté ces fausses accusations d’un revers de la main, je demande à la cour d’appliquer la loi et l’équité lors de ce procès, une justice faite sans crainte ni faveur.

Certes dans le monde il y a encore quelques magistrats iniques, mais dans ce prétoire je vous demande d’appliquer les conseils de Socrate qui conseillait aux juges : « d’écouter avec courtoisie, de répondre avec sagesse, d’analyser avec sobriété et de décider avec impartialité. »

J’ai la foi et la vive conviction que nous serons acquittés et blanchis.

J’ai cette foi inébranlable, parce qu’il est écrit dans Psaume 34 :19 que : « Le malheur atteint souvent le juste, mais l’Éternel l’en délivre toujours. »

J’ai cette foi que ce soir je passerai la nuit ensemble avec mes enfants et qu’à partir de 19h30, nous prendrons notre marche de 30mn avant le couvre-feu décrété par le gouvernement du Québec. Pendant que les québécois et québécoises sont autorisés de prendre une marche avec leur chien, moi je le fais avec mes enfants.

Avant de terminer, je demande à Kassandra Paquin et sa gestionnaire Sylvie Madore de transmettre mes remerciements à ces deux familles d’accueil qui ont fait le bénévolat et manifesté leur charité sur mes trois enfants.

Je demande à Kassandra Paquin et sa gestionnaire Sylvie Madore de revoir leurs cours de technique d’intervention. Cela leur permettrait d’éviter ces erreurs de jugements, de ne pas mener une enquête approfondie au préalable et condamner tout de suite les parents innocents. Que ces erreurs ne se reproduisent plus jamais.

Pour terminer, je cite ce proverbe africain qui dit que : « Le rat a été rattrapé et tué, parce qu’il voulait tenter sauver ses ratons. »

Moi aussi, tant que je suis en vie, je me battrai pour mes enfants, peu importe le prix à payer.

Si Jésus-Christ a sacrifié sa vie pour sauver l’humanité, moi je sacrifierai la mienne pour sauver mes trois irremplaçables enfants, pour leur grâce et leur vitalité et sans qui tout serait dessus dessous.

Merci.

Alban Mabiala Nsimba, Journaliste et auteur de La sorcellerie rabique en Afrique. Outils et stratégies pour lutter contre ce fléau. Les impliqués 2021.