Brazzaville : des initiatives pour contrer l’avancée des érosions

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À l’approche de la saison de pluies, les habitants de certains quartiers des zones érosives de Brazzaville s’emploient à des actions d’amortissement ou de lutte contre les glissements de terrain.

L’érosion commence par un décapage superficiel, puis la formation de ravines, des crevasses qui s’élargissent et s’approfondissent au fur et à mesure.    




Ainsi, le reboisement de certaines surfaces, le planting d’herbes, l’entassement de sable dans des sacs de ciment pour faire des remblais, la création de canalisations artisanales ou encore la conception d’égouts à leur manière sont autant d’initiatives des Brazzavillois pour lutter contre les érosions dans les quartiers périphériques.

Angoissées par l’approche de la saison de pluies, les populations riveraines aux érosions s’organisent dans les quartiers pour initier plusieurs actions de freinage de l’avancée du glissement de terrain.

Aux quartiers Bongonouara et Ngamkosso pour se protéger contre les érosions qui dévastent les habitations, les populations plantent dans les zones érosives : le saule pleureur, le montalys et le vétiver.




A en croire Arsène Rigobert Guelele kouene kintono, un environnementaliste congolais et promoteur des initiatives volontaires du climat et Trois Volontaires (homme-femme-enfant), pour le reboisement (3 VR) : « Le saule pleureur a une grande capacité d’absorption d’eau grâce à ses racines pivotantes. Le montalys quant à lui permet de stabiliser le sol au moyen de ses branches ressemblant à des parapluies capables d’amortir des gouttelettes de pluies et donnant suffisamment d’ombrage. Le vétiver, qui se présente sous la forme de grandes touffes d’herbes vertes, permet de fixer le sol à l’aide de ses racines allant de trois à quatre mètres de profondeur ».

Du sable mélanger avec du ciment….

Au quartier Kombo Massamouna, les habitants mélangent le ciment avec du sable pour empêcher l’avancée de l’érosion. Ils mettent ce mélange dans des sacs de ciment et juxtaposent dans la partie érosive pour essayer de canaliser les eaux pluviales.

Selon eux : « La technique permet de freiner l’étiolement du sable et la progression de l’érosion ».

Les érosions ne sont ni dénombrées ni quantifiées par les autorités municipales. Si l’on n’y prend garde les débits d’érosions pourraient augmenter au fil des années et le traitement de ceux-ci coûteraient plusieurs milliards de francs CFA à l’Etat. Les habitants de Brazzaville ont abandonné et même perdu leurs maisons du fait de l’avancée des érosions.

Outre les traitements de ces érosions, il faudrait ajouter le volet des expropriations des populations riveraines et le dédommagement des familles victimes ou ayant perdu des vies humaines, à cause de l’ensablement et de l’érosion.




Signalons qu’à Brazzaville et dans la périphérie de la ville, l’érosion est un phénomène qui a plusieurs conséquences dangereuses : destruction des habitations, dégradation des infrastructures publiques telles que les écoles et les routes. Mais la ville de Brazzaville est faite de collines, avec des pentes pouvant aller jusqu’à 20% d’altitude.

Les nouveaux quartiers de Brazzaville sont nés du gonflement démographique qui entraîne l’expansion urbaine. Et pour s’installer, l’homme coupe la végétation. En l’absence des systèmes d’urbanisation et de drainage des eaux pluviales, l’érosion prend de l’ampleur dans ces nouveaux quartiers, et les canalisations existantes ne sont pas toujours curées à temps.