Bouya lâche encore une bêtise: 2,5 milliards d’euros pour financer les infrastructures de transport

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La Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC), la République du Congo, la République centrafricaine (RCA), la République démocratique du Congo (RDC) et le Tchad vont organiser le 19 janvier à Brazzaville, une table ronde des bailleurs de fonds, en vue de mobiliser 2,5 milliards d’euros pour financer les projets routiers et de transport dans la période 2020-2024.

C’est le ministre congolais de l’Aménagement, de l’équipement du territoire et des grands travaux, Jean Jacques Bouya, qui a annoncé la nouvelle le 16 janvier à Brazzaville au cours d’une conférence de presse, animée conjointement avec les responsables de la CEEAC et de la Banque africaine de développement (BAD).

Selon lui, dans une première phase, les financements recherchés serviront à réaliser trois projets notamment la construction du pont route-rail Brazzaville et Kinshasa en RDC, et de la route reliant Ouesso (Congo) à Bangui en RCA et N’Djamena au Tchad, ainsi que l’aménagement de la navigabilité sur le fleuve Congo et ses affluents.




Couvrant la période 2024-2030, la seconde phase vise à lever 20 milliards d’euros pour financer d’autres projets d’infrastructures routières et de transport dans la communauté. L’objectif est d’accélérer l’intégration et de faciliter la mobilité des personnes et des biens. La CEEAC étant considérée comme maillon faible en  matière d’intégration au niveau continental.

L’ambition est d’interconnecter les pays par les réseaux de routes bitumées, de relier les Etats de la région disposant de port maritime à ceux qui n’en possèdent pas, a expliqué Jean Jacques Bouya. Il a également évoqué par ailleurs les coûts élevés des infrastructures routières en Afrique centrale, en raison notamment de la complexité du relief (montages, forêts, cours d’eau, etc.) et de la particularité du climat (forte pluviométrie).

De son côté, la secrétaire générale adjointe de la CEEAC, Marie Thérèse Mfoula, a indiqué que son institution joue le rôle de coordinatrice générale et d’agence d’exécution de ces projets. « Nous sommes aujourd’hui émues par cette première étape… Pour ces projets, nous avons le sentiment qu’à présent, nous voyons le bout du tunnel », a-t-elle dit, ajoutant que « nous sommes sur la bonne voie ».

Ces projets sont consignés dans le plan directeur consensuel des transports en Afrique centrale, adopté par les chefs d’Etat de la CEEAC en 2004. Le tronçon routier Ouesso-Bangui-N’Djamena fait partie du corridor transafricain, visant à relier Bangui et N’Djamena au port maritime de Pointe-Noire via Brazzaville et Ouesso. Ce projet et les deux autres vont favoriser la densification des échanges économiques entre les pays de la CEEAC et ceux d’autres ensembles régionaux du continent.




Après avoir notifié la faiblesse d’intégration due, entre autres, à l’insuffisance d’infrastructures de transport en Afrique centrale, le représentant de la BAD au Congo, Sie Antoine-Marie Tioye, a souligné la nécessité de combler le vide. « Nous notons qu’il y a urgence d’accélérer le processus d’intégration », a-t-il renchéri.

Notons que les études de faisabilité des trois projets qui feront l’objet de la table ronde des bailleurs de fonds ont été financées par la BAD. Il s’agit en fait des projets de l’Union africaine dans le cadre de l’intégration continentale.