Bloc opératoire du CHU de Brazzaville : on opèrerait les malades les portes ouvertes, faute de climatisation des salles

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Les problèmes financiers et humains du Centre hospitalier et universitaire (CHU) de Brazzaville sont nombreux. La dégradation des soins sont préoccupants faute de plateau technique. Le service de réanimation n’a plus aucune machine permettant l’intubation des patients. Idem pour l’unité neurovasculaire où il manque des scopes et appareils à tension. Que dire du bloc opératoire ? Ici, l’on opère les malades les portes ouvertes, faute de climatisation des salles, a-t-on appris auprès des membres du syndicat du plus grand hôpital du Congo.

Selon les membres de l’intersyndicale interrogés, depuis l’arrivée du nouveau directeur général, le canadien Sylvain Villard, l’offre de services des soins de santé n’a pas qualitativement évolué.

La pharmacie est bien vide et l’hôpital se trouve dans un état d’insalubrité trop avancé. Des hautes herbes poussent comme sur un terrain en jachère. Un peu de soleil et quelques gouttes de pluie. Il n’en faut pas plus pour voir revenir les herbes folles.

Ces dernières années, celles qu’on appelle aussi les « mauvaises herbes  » ont commencé à pousser autour du plus grand centre hospitalier du Congo.

Pas donc étonnant que s’y réfugient rats, moustiques et autres oiseaux nocturnes, comme ce hibou aperçu dans une salle de malades de l’hôpital il y a quelques mois sans oublier cette nuée exceptionnelle de moucherons qui a envahi récemment les salles d’hospitalisation.

« Le CHU traverse une situation extrêmement difficile que le commun des mortels qualifie de crise économico-sociale de grande ampleur. Nous souffrons de l’une des plus longues et des pires inflations de l’histoire de notre pays. La vie des citoyens congolais est sacrifiée. C’est une mort qui nous est distribuée à bon prix », selon les membres de l’intersyndicale.

« Une subvention d’exploitation et de fonctionnement d’un montant de 1,587 milliard 913 mille francs CFA a été décaissée au Trésor public pour le compte du CHU-B aux fins d’assurer son redressement. Toute cette somme a été virée dans une banque canadienne au profit de l’ONG USI, avec la complicité du ministère de la Santé », souligne la déclaration lue récemment par Victor Bienvenu Kouama, président de l’intersyndicale.

Dans les détails, les syndicalistes ont affirmé que de cette enveloppe, une bonne part avait été réservée à l’achat des médicaments, consommables hospitaliers et accessoires, mais hélas, l’hôpital manque l’essentiel.

« A ce jour, tous les services sont presque à l’arrêt parce que les trois cents millions qui étaient destinés à l’achat des consommables ont été virés au Canada par le ministère de la Santé. De même, vingt-six millions francs CFA ont été prévus pour l’achat du matériel technique ainsi que cent quarante-quatre millions francs CFA pour l’acquisition des voitures de services, mais rien ne se voit », précise l’intersyndicale.




La direction du Centre hospitalier universitaire de Brazzaville a qualifié de « fallacieuses » les accusations de détournement de plus de 1,5 milliard de francs CFA formulées par l’intersyndicale. Il s’agit simplement de fausses accusations portées par des syndicalistes qui ont perdu des commissions et qui n’ont pas encore obtenu l’augmentation de l’âge de la retraite à 62 ans, contre 60 actuellement, rétorque Ulrich Judicaël Biez, directeur général adjoint du CHU.

Le CHU de Brazzaville, au stade actuel, a fait son temps. il mérite un autre traitement, compatible avec la poussée démographique de la ville capitale, les maladies, sans cesse graves, et l’évolution des technologies médicales sans compter les désastreux dérapages financiers dont il est souvent victime, sous l’oeil indifférent et complice des gouvernants et du parquet de la République.