Biélorussie: des dizaines de milliers de personnes défilent lors d’une «marche de la liberté»

0
284





En Biélorussie, l’opposition contre la réélection du président Alexandre Loukachenko ne faiblit pas. Des dizaines de milliers de personnes ont de nouveau manifesté ce dimanche.

Alors que le président biélorusse Alexandre Loukachenko a rejeté dimanche les appels à de nouvelles élections et demandé à ses soutiens de « défendre l’indépendance » du pays, des dizaines de milliers de manifestants défilaient au même moment contre le pouvoir lors d’« une marche de la liberté », l’un des plus grands rassemblements depuis le début de la contestation. Certaines estimations tablaient même sur 100 000 à 200 000 manifestants.




« Justice ! »,« pars ! », scandaient les protestataires à l’attention du chef de l’État en défilant le long de l’avenue de l’Indépendance. Portant des fleurs, vêtus de blanc, les manifestants se dirigeaient au milieu des chants et des klaxons de voitures vers le monument érigé en mémoire des victimes de la Seconde Guerre mondiale. Les contestataires portaient à bout de bras un gigantesque drapeau blanc et rouge, les couleurs de l’opposition.

Manifestation pro-Loukachenko

La manifestation a commencé alors que le rassemblement favorable au président était toujours en cours. « Nous n’avons pas besoin des gouvernements étrangers ! Nous avons besoin de notre gouvernement, de nos dirigeants », a lancé Alexandre Loukachenko à ses partisans, avant de rejeter la possibilité de nouvelles élections et de se poser en garant de la stabilité : « Si vous perdez votre premier président, ce sera le début de votre fin à vous ! » Un appel un peu désespéré alors que la contestation devient chaque jour un peu plus forte.

Le cortège principal de ses opposants, mais aussi d’autres venus de différents quartiers, s’est finalement dirigé vers la place de la Victoire, puisqu’il ne pouvait plus aller devant le siège du gouvernement.

Un lieu symbolique car c’est sur cette place qu’une manifestation avait déjà été réprimée dans le sang au début du mouvement de contestation. Sur les réseaux sociaux, les témoignages de la mobilisation dans le reste du pays et des images impressionantes circulent, montrant des foules considérables.




La contestation s’élargit

Répondant à l’appel de Svetlana Tikhanovskaïa, la principale rivale d’Alexandre Loukachenko à la présidentielle, les Biélorusses ont également manifesté dimanche dans les principales villes du pays et dans de plus petites communes. Un appel à une grève nationale à partir de lundi circulait également sur les réseaux sociaux.

Des membres de l’élite biélorusse ont également rallié la protestation comme des journalistes de la télévision publique, d’habitude aux ordres du pouvoir, des chercheurs et des hommes d’affaires, mais aussi un ancien ministre de la Culture, Pavel Latouchko.

Depuis jeudi, en réaction aux violences, la mobilisation s’est étendue : des chaînes humaines et rassemblements d’opposition ont éclos partout dans le pays, tandis que des ouvriers d’usines emblématiques ont lancé des actions de solidarité.

■ L’ambassadeur de Biélorussie en Slovaquie apporte son soutien aux manifestants

Assis derrière un bureau, Igor Leschchenya, s’exprime solennellement face à la caméra. L’ambassadeur de Biélorussie en Slovaquie dénonce d’emblée les violences contre les manifestants anti-Loukachenko.

« Comme tous les Biélorusses, je suis choqué par ces histoires de tortures et de passages à tabac de mes concitoyens. Sur l’une des photos d’un site d’information, j’ai reconnu, malgré les contusions qui le couvre, un camarade de classe de ma fille, qui, j’en suis certain, n’a jamais été un fauteur de troubles », raconte-t-il.

Celui qui « représente en Slovaquie la République de Biélorussie et son peuple » a ensuite exprimé sa solidarité envers « ceux qui sont sortis dans les rues de nos villes pour participer à des manifestations pacifiques afin que leur voix soit entendue ».

« J’espère sincèrement que l’avenir de ma Biélorussie sera fondé sur le respect des opinions de tous les pans de la société et les représentants de différents partis politiques », a-t-il conclu, rejoignant ainsi d’autres personnalités qui ont également apporté leur soutien aux manifestants.

(Avec AFP)