Bemba plaide pour que Katumbi rentre librement en RDC

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Candidat à la présidentielle, Jean-Pierre Bemba, ancien chef rebelle et ancien vice-président de la RDC acquitté et libéré après près de 10 ans en prison à la Haye, a plaidé à Kinshasa pour que les autorités laissent rentrer librement au pays Moise Katumbi, autre candidat déclaré à la présidentielle, actuellement bloqué à la frontière avec la Zambie.

« Je viens d’apprendre effectivement que M. Katumbi serait bloqué vers la frontière entre la Zambie et la RDC, et qu’on ne le laisse pas rentrer dans le territoire… je pense que pour les élections l’exclusion n’est pas du tout bonne… Moïse Katumbi est un acteur politique majeur dans ce pays. Il a du soutien. Je pense qu’il n’est pas bon d’exclure des opposants, des acteurs politiques surtout lorsque le souverain primaire est le seul à décider de qui doit être ses dirigeants », a déclaré M. Bemba devant des journalistes à Kinshasa.

« J’en appelle aux autorités du pays à calmer le jeu pour faire en sorte que ces élections qui doivent se préparer soient inclusives et qu’on trouve une solution pour que Monsieur Katumbi puisse rentrer dans le pays et que chacun puisse participer au niveau de ces élections librement dans la transparence, dans l’inclusivité et surtout dans le calme. Nous allons continuer à suivre. Espérons qu’une solution favorable à ce problème sera trouvée », a plaidé l’ancien vice-président qui a déposé sa candidature la veille pour la présidentielle moult fois reportée, mais prévue depuis un an au 23 décembre.

L’opposant a indiqué espérer que cette échéance sera respectée et que la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) pourra donner des réponses à certaines questions pendantes comme celles de 6 millions d’électeurs sans empruntes digitales et de la machine a voter controversée.




Il a également réitéré son espoir de voir l’opposition parvenir à une candidature commune. Il devait rencontrer plus tard d’autres dirigeants de l’opposition pour ce faire.

Ex-proche du président Kabila passé à l’opposition fin 2015, M. Katumbi a quitté Lubumbashi en mai 2016.

Il a été condamné en son absence à trois ans de prison dans une affaire de spoliation immobilière dont il conteste tout fondement. L’appel et les recours contre cette décision de justice sont suspensifs, affirment ses proches.

Une juge réfugiée en France a affirmé après son départ en RDC avoir prononcé la condamnation de M. Katumbi sous la pression des proches du pouvoir de M. Kabila.

M. Katumbi est le leader de l’opposition le plus populaire avec Jean-Pierre Bemba et Félix Tshisekedi, selon un récent sondage publié par le Groupe d’Études sur le Congo.




Il prétendait déposer sa candidature à l’élection présidentielle prévue le 23 décembre.

M. Kabila ne peut pas se représenter d’après la Constitution après avoir accompli deux mandats. A cinq jours de la date-butoir du dépôt des candidatures, il n’a toujours pas désigné de « dauphin ». Ses adversaires l’accusent de chercher des stratagèmes pour rester au pouvoir.