Beauté : zigida, une arme de séduction et bien plus

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Depuis quelques années, on le voit dans les clips, toutes les stars phares le portent aux hanches. De Beyonce à Shakira en passant par Rihanna, le collier de hanches couramment nommé zigida au Congo Brazzaville, baya au (Mali), ou encore bin-bin au Sénégal, s’est transformé en véritable objet de mode et de séduction.





En or, en argent ou en coquillage, sous forme de perles traditionnelles en terre cuite, en plastiques fluorescents, lumineux ou encore parfumés, les parures de hanches sont généralement à la portée de toutes les bourses car elles varient entre 200 FCFA et plus. Utilisé en Afrique comme ornement des hanches, mais aussi comme objet de protection et d’esthétique, le zigida est devenu l’accessoire de séduction pour bien de jeunes filles. Les colliers de l’amour ou zigida sont réservés à l’intimité de la femme dans son couple. « Sans mon Zigida, je me sens presque nue. Je ne m’en sépare jamais et puis c’est l’aphrodisiaque de mon partenaire », révèle Anaïs, 22 ans, dans un éclat de rire.




Pour Rockya Kimani, Sénégalaise d’origine et mariée à un Congolais, le bin bin, selon sa tradition fait partie du corps de la femme, dans la mesure où il n’est pas censé être enlevé. Il souligne le corps de la femme, sa beauté et suggère ses courbes. Il est destiné à raviver la flamme et éveiller l’appétit sexuel des hommes, bref c’est un outil de communication car par ses cliquetis, il éveille le sens des hommes. Elle déplore le fait que les jeunes filles à ce jour l’utilise comme effet de mode alors qu’à l’origine il était un accessoire porté dans l’intimité du couple. « Normalement il n’y a que le mari ou le partenaire qui devrait voir ces accessoires sur le corps de sa femme. Mais, aujourd’hui, les jeunes filles l’exhibent dans leur taille baisse de manière à être vu par tout le monde », a-t-elle ajouté.Pure tradition culturelle, le zigida était utilisé comme une protection contre les mauvais esprits. Mis autour des tailles des bébés sans distinction de sexe, il apaisait les douleurs dues de la poussée dentaire. Il aidait aussi à contrôler sa prise de poids, à guérir des maux de reins, d’où le port aux hanches dans nos coutumes. « A défaut des perles en matière plastique, on avait recours au tissu pagne qu’on enroulait autour de la hanche de la petite fille », a révélé Henriette Sikani, la soixantaine révolue. A en croire ses propos, avec le temps, il est devenu une parure de séduction dénommé « makorokoro » en langue dondo dans la région de la Bouenza. Il était fabriqué avec une plante que l’on trouvait dans la forêt et elle ressemblait à la tige de la plante de maïs. « On savait qu’une fille en portait lorsqu’elle courait puisque cela faisait du bruit », a-t-appuyé.




Notons que dans la tradition africaine, le zigida traduit aussi le désir de conquête et met en valeur la féminité et la sensualité de la femme. D’ailleurs Franco, artiste musicien congolais de l’orchestre OK Jazz, dans la chanson « Bondowé », y fait aussi mention en parlant d’une femme, qui utilise ce collier pour séduire les hommes. Chanson qui a connu un franc succès auprès des jeunes femmes à l’époque !

Plusieurs discours autour du zigida

Grace au zigida, la femme ou la jeune fille peut naturellement suivre l’évolution de son corps du point de vue esthétique. C’est le cas de Virginie. « Quand je maigris, je sens que le zigida flotte et quand je reprends ma taille il redessine très bien mes formes », a informé la jeune fille. Pour Bradley Ngoma, étudiant en première année d’économie, le port du zigida chez une femme, n’est aucunement en rapport avec le fait de séduire. Il renverra plutôt au mysticisme. « Les filles qui les portent ont pour objectif d’envoûter leurs partenaires ou même de se prostituer », a indiqué ce dernier.




En réalité, depuis l’arrivée des églises dites de réveil dans le continent, ces dernières ont combattu cette pratique, « car il est inimaginable qu’une sœur dans le seigneur porte ces parures jugées dépravantes », a fait savoir un diacre de l’Eglise évangélique qui a requis l’anonymat. Mysticisme ou envoutement, les parures de hanches ne sont pas prêtes de disparaître en tant qu’accessoire de beauté de la femme congolaise car, pour plusieurs, elles font partie de leurs armes de séduction. C’est le cas de Cybelle, 26 ans, qui en porte depuis son enfance.