BAC 2019 : Les fraudeurs et leurs complices à la barre

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Des enseignants et des cadres de l’administration scolaire ont été mis aux arrêts puis présentés au tribunal. Ils sont accusés d’être auteurs ou complices de fraudes lors des épreuves du baccalauréat général session 2019.

Selon nos confrères des Dépêches de Brazzaville, un enseignant, à la veille du bac, a remis des sujets traités à des élèves.

« Certains candidats ont donné des fortes sommes pour obtenir des sujets traités. Arrivés en salle d’examen, nous avons constaté qu’aucun sujet n’était connu d’avance », raconte un candidat. Et le montant de la transaction oscillait entre 25 000 et 150 000 francs CFA, rapporte le quotidien congolais.

Le même quotidien parle également d’un enseignant à la retraite qui faisait croire aux enfants qu’il pouvait les inscrire dans le département du Pool, à quelque 30 km de Brazzaville. Malheureusement, le « cerveau » n’a pas pu introduire un seul dossier à la direction des examens.

«Les plans de la plupart d’autres fraudeurs ont été déjoués cette année », explique un professeur d’histoire dans un lycée public de Pointe-Noire, capitale économique.

Les victimes ont non seulement dépensé inutilement leur argent, mais aussi perdu toute une année scolaire.

« Il m’a dit de ne pas me tracasser, qu’il travaille à la direction des examens et concours et qu’il pouvait faire entrer mon dossier sans problème. Je lui ai remis 50 000 F CFA. Quand j’ai demandé la liste, il m’a dit que je l’aurai le jour de l’examen. Finalement, je n’ai pas pu passer les épreuves du baccalauréat », regrette une candidate.




«Cette tendance à la transhumance, au mercenariat organisé par des responsables est à déplorer », déclarait le 21 juin dernier, Anatale Collinet Makosso, ministre congolais de l’Enseignement primaire et secondaire, chargé de l’alphabétisation.

Au Congo, les cas de fraude aux examens sont fréquents.

En 2015, les épreuves du bac général ont été annulées pour fraudes, car les sujets traités avaient circulé sur le net.

Depuis sa réélection lors de la présidentielle anticipée en 2016, le président Denis Sassou-N’Guesso fait de la lutte contre les antivaleurs un des principaux piliers de sa gouvernance.

« Tout passera dans la nasse du droit et de la justice. Seule prévaudra la loi », déclarait en décembre dernier le chef de l‘État congolais.