Au Brésil, la mort d’un Noir fait ressurgir le débat sur le racisme

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Plusieurs manifestations de la communauté afro-brésilienne ont eu lieu pendant le week-end après la mort, jeudi 19 novembre, de Joao Alberto Silveira Freitas, roué de coups par les vigiles blancs d’un supermarché.




Des manifestants continuent de se rassembler pour protester devant les supermarchés de l’enseigne Carrefour en réclamant leur boycott. Les dirigeants du groupe français ont présenté leurs excuses et condamné le racisme.

« En premier lieu, je voudrais exprimer mes profondes condoléances après la mort de monsieur Joao Alberto Silveira Freitas. Les images postées sur les réseaux sociaux sont insupportables », a déclaré vendredi le PDG de Carrefour qui s’est exprimé dans une série de tweets.

Une tragédie qui « illustre les multiples dimensions du racisme » au Brésil

Jeudi soir, Joao Alberto Silveira Freitas, 40 ans, a été tabassé à mort par deux agents de sécurité blancs travaillant pour un sous-traitant d’un supermarché Carrefour à Porto Alegre.  Les images insoutenables d’une vidéo montrant la victime frappée à coups de poing par un vigile sur le parking pendant que l’autre le tenait ont choqué le Brésil, qui célébrait vendredi le jour de la Conscience Noire.




Mais avec cette tragédie, c’est tout le débat sur le racisme au Brésil qui rebondit. L’ONU affirme ainsi que ce décès « illustre les multiples dimensions du racisme et des inégalités enfouies dans la structure sociale brésilienne ». Selon les chiffres cités par les Nations unies, les Noirs sont victimes de 75% des homicides perpétrés au Brésil.

Bolsonaro dans le déni

Une thèse rapidement rejetée par les autorités brésiliennes. Le président Bolsonaro se dit « daltonien ». « Il n’existe pas de couleur de peau qui soit meilleure que l’autre. Ce qui existe, ce sont des êtres humains, bons et méchants », clame-t-il.

Quant au vice-président Hamilton Mourão, il a démenti l’existence du racisme au Brésil au lendemain de l’assassinat du client noir du supermarché de Porto Alegre dans le sud du Brésil. « Non, pour moi il n’y a pas de racisme au Brésil. C’est une étiquette que l’on veut coller au Brésil, mais ça n’existe pas ici. »