À l’ONU, Londres sommé de rendre les Chagos à l’île Maurice

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Le Royaume-Uni va-t-il finalement abandonner sa souveraineté sur les Chagos ? C’est en tout cas ce que lui réclame désormais officiellement l’ONU. Mercredi 22 mai, l’Assemblée générale a voté à une écrasante majorité pour que l’archipel d’une soixantaine d’îles soit « rendu » à l’île Maurice. Après des décennies de bataille diplomatique, les Britanniques ont d’ores et déjà annoncé qu’ils ne comptaient pas céder les Chagos dans les six mois impartis par la résolution, qui n’a pas de valeur contraignante.

  Pour les Britanniques, le contrôle des Chagos a une importance stratégique. D’autant plus que depuis plusieurs décennies, ils y ont accordé une concession à l’armée américaine, récemment prolongée jusque 2036. La base, notamment aérienne, qui y est installée joue un grand rôle pour les actions militaires au Moyen-Orient et dans la lutte contre la piraterie.

Pour l’île Maurice, récupérer les Chagos a une importance symbolique. L’archipel a obtenu un statut spécial peu avant l’indépendance de l’île Maurice en 1968. Cette dernière se sent donc lésée, et parle de « parachever la décolonisation ». L’expression est d’ailleurs employée dans la résolution de l’ONU, qui suivait à un avis consultatif de la Cour internationale de justice.




Mais Karen Pierce, ambassadrice du Royaume-Uni, dénonce un processus infondé : « C’est un conflit de souveraineté et non une question de décolonisation comme cela a été présenté. Cela enfreint donc les principes mêmes de la Cour internationale, qui dit ne pas se pencher sur les conflits de souveraineté. »

L’ancienne puissance coloniale ne veut pas céder. Pourtant, malgré le soutien attendu des États-Unis, ou encore d’Israël et des îles Maldives voisines, le vote à l’ONU a été un camouflet. Les pays africains ont fait corps alors que plusieurs puissances occidentales se sont abstenues. Et l’on se demande déjà si le cas des Chagos ne va pas encourager la réouverture de débats de souveraineté sur certains territoires.

AFP